Faits divers Son ex-compagnon, qui s’est ensuite débarrassé du corps dans la Meuse, risque 20 ans de prison.

Elena Anakhassian, 25 ans, a été tuée par strangulation dans la nuit du 17 au 18 décembre 2015. Son meurtrier et ancien compagnon, Bryan Bourdon, aujourd’hui âgé de 30 ans, risque jusqu’à 20 ans de prison comme requis par le parquet de Namur ce jeudi.

Les faits se sont produits au domicile de la victime, dans un contexte alcoolisé. Bryan et Elena avaient passé la soirée à l’école communale de Neffe, où leur fille était scolarisée et où une soirée pyjama avait été organisée. "Elena m’a proposé d’aller avec elles à cette soirée. Tout s’est bien passé sur place. Il y avait toujours une bonne entente entre nous malgré la séparation. On a bu quelques verres de vin en fin de soirée (NdlR : Bryan avait consommé des drogues dures durant la journée). Puis, un ami nous a reconduits. Elle m’a proposé de monter chez elle".

Cette proposition a résonné chez lui comme une possibilité de remise en couple, comme ce fut déjà le cas plusieurs fois par le passé. Erreur. "On a mis un film à notre fille puis on a discuté dans une pièce à côté. Elena s’est éclipsée deux fois et j’ai vu dans son téléphone des messages d’un autre homme. Je suis entré dans une colère jamais ressentie. Il y a d’abord eu des insultes et j’ai en retour reçu un photophore en plein visage. Là, j’ai eu ce geste de la prendre par le cou", a-t-il expliqué jeudi matin lors de l’audience.

Bryan Bourdon a d’abord procédé à un étranglement de face avant de la retourner et de lui faire un balayage, toujours en la serrant par le cou. Il n’a lâché prise que lorsqu’il a constaté qu’elle était inanimée. Une scène qui a duré, selon un légiste, entre quatre et cinq minutes. "J’ai essayé le massage cardiaque et le bouche-à-bouche, mais il était trop tard", a poursuivi Bryan Bourdon.

Face à cette fatalité, il a enroulé le corps d’Elena dans une couverture pour s’en débarrasser dans la Meuse, à Bouvignes. Ce dernier n’a été retrouvé que quatre mois plus tard, à Jambes (Namur). "L’intention homicide ne fait aucun doute. La partie du corps visée et la technique utilisée, la durée de l’étranglement, le fait qu’il l’ait relâchée quand elle ne donnait plus signe de vie, le fait d’avoir lavé son pull et sa voiture après les faits ou encore le fait d’avoir échafaudé des plans, montrent l’acceptation de la mort", a précisé le parquet de Namur. Jugement le 12 octobre.


La petite fille a tenté de réveiller sa maman

Les gestes de Bryan Bourdon destinés à essayer de réanimer Elena Anakhassian ont été posés devant sa fille de cinq ans. Cette dernière a constaté que du sang sortait de la bouche de sa maman. Son papa lui ayant dit qu’elle s’était endormie, elle a tenté de la réveiller en lui chatouillant les pieds.

Elle était également présente dans la voiture, mais endormie, lorsque le corps a été mis à l’eau. Son père lui avait fait croire qu’il l’avait déposée à l’hôpital. "Aujourd’hui, elle vit dans le sud-ouest de la France avec la maman du prévenu. Elle est suivie par un pédopsychiatre et va beaucoup mieux mais je ne crois pas qu’il n’y a plus de souci. Cette petite fille m’est par contre apparue bien dans sa peau, plutôt à l’aise et pas timide face à moi. Elle vient d’avoir un aquarium et deux poissons rouges qu’elle a nommés… Papa et Maman ", a commenté son tuteur ad hoc.