Faits divers Enquête ouverte à charge d’un célèbre neuropsychiatre, jugé pour un vol avec violence pour avoir produit une radio de sa victime présumée.

Le Dr Eric Mairlot est habitué des médias en tant que fondateur de l’Institut de nouvelle hypnose ou d’expert auprès des tribunaux. Lundi, il se trouvait de l’autre côté de la barre. Son procès devant la cour d’appel de Bruxelles a dû être remis au mois de décembre à la suite d’un curieux incident. Le temps que le parquet de Bruxelles enquête sur une pièce qu’il a déposée à l’audience.

Eric Mairlot a été condamné le 10 juin 2015 à une peine d’un an de prison avec sursis pour un vol avec violence. Le tribunal l’avait déclaré coupable d’avoir volé pour 124 euros de matériel (une bonbonne d’insecticide et cinq ampoules) dans un magasin Brico, le 19 juillet 2011. S’en était suivi une altercation avec une agent de sécurité. Cette dernière indique, documents médicaux à l’appui, qu’elle a été victime d’une fracture de la 10e côte après avoir été poussée pour faciliter la fuite.

Depuis le début de l’affaire, le Dr Mairlot nie les faits, avec force. Et il s’est présenté, lundi, avec la copie d’un certificat médical réalisé en 2011, reprenant le protocole de radio de la victime. Et ce certificat ne décèle aucune trace de fracture. Comment le document médical d’une victime s’est-il retrouvé dans les mains de son agresseur présumé ? "Par un courrier anonyme" envoyé six ans après les faits, a répondu le Dr Mairlot.

Une fois la déclaration du Dr Mairlot actée par la cour, l’avocat général Stéphane Lempereur a dit son intention d’ouvrir une notice pour violation du secret professionnel. Des policiers vont donc se rendre à l’hôpital Molière-Longchamp, où a été réalisé le certificat, afin de comprendre comment il a pu être transmis.

Contacté, l’avocat de l’hypnothérapeute, Me Pierre Chomé, estime que son client n’est pour rien dans cette faute. "Il est un consommateur de chez Brico, accusé d’avoir volé, ce qui est contesté. Il bénéficie d’un document en violation du secret professionnel d’un autre médecin mais il existe une jurisprudence constante qui va dans son sens. Les droits de la défense priment et ce document doit être accepté", assure le pénaliste, qui pointe l’attitude de la victime, qui serait allée chez le Dr Mairlot pour lui réclamer de l’argent, selon ce dernier. Une enquête sur ce point est à l’instruction.