Faits divers

L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) a réduit lundi de 3 à 2 - sur une échelle de quatre, rarement atteint -, sauf exceptions ponctuelles, le niveau général de la menace terroriste sur le territoire belge, a annoncé le Premier ministre Charles Michel.

"Nous avons comme Conseil national de sécurité (qui représente les principaux ministres et des responsables de différents services) pris connaissance de la communication officielle de la baisse générale du niveau de la menace de 3 à 2", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Un niveau général 2 n'est pas un niveau comme avant les attentats", a prévenu M. Michel, en soulignant qu'une culture de sécurité existe désormais en Belgique et "a été renforcée au cours des dernières années".

Le Premier ministre a toutefois averti que les militaires - déployés dans les grandes villes depuis le 17 janvier 2015 - ne disparaîtront pas des rues.

"Nous gardons les militaires de façon proportionnelle", a-t-il précisé.


Philippe Close souhaite le maintien de militaires à proximité de lieux sensibles de la capitale

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close (PS) a souhaité lundi que la diminution en intensité des mesures de sécurité liées à un retour du niveau de la menace terroriste à 2 ne se solde pas par la disparition des militaires à proximité de lieux sensibles. "Pour nous il est important que pour les lieux jugés critiques au niveau du risque, tels que ambassades, le Musée juif et les synagogues, il y ait toujours une présence militaire car, dans le cas contraire, les policiers devront s'en charger et seront dès lors moins présents dans les quartiers", a commenté le bourgmestre, interrogé lundi en marge de la séance du conseil communal.

M. Close a dit comprendre l'intention du fédéral de diminuer le nombre de militaires en rue à la suite de la baisse du niveau de la menace.

"Je suis dans une logique de collaboration et de recherche de solutions", a-t-il souligné.

Selon le bourgmestre, les mesures de sécurité prises à l'occasion de grands événements publics ne disparaîtront pas car "les temps ont changé" et la population l'a compris.

"Le gens s'habituent à ne pas venir à des grands événements avec des sacs à dos et se prêtent de bonne grâce aux fouilles. Nous essayons de créer un climat le moins anxiogène possible. Les citoyens semblent bien supporter le travail des policiers", a-t-il ajouté.


Les mesures de sécurité supplémentaires restent d'application à la Stib

Les mesures de sécurité supplémentaires mises en place par la Stib resteront d'application malgré l'abaissement à 2 du niveau de la menace terroriste, a indiqué lundi la société de transport en commun. Du côté des chemins de fer, les efforts des dernières années en la matière seront également poursuivis. En raison de la menace, la Stib a notamment placé des piquets devant certaines stations et installé des caméras supplémentaires. En outre, une centaine d'agents de sécurité ont été recrutés depuis l'été dernier. Ceux-ci poursuivront leur mission, assure la société bruxelloise de transport en commun.

Le son de cloche est le même du côté de la SNCB. Les agents de Securail continueront à être vigilants quant à la menace et les moyens de sécurisation supplémentaires, comme le personnel ou les caméras, resteront en place, souligne un porte-parole.


Si on doit reprendre des missions des militaires, des choix devront être opérés (SLFP)

Les syndicats ne disposent pas encore d'informations précises sur les conséquences pour la police de l'abaissement à 2 du niveau de la menace. En tout cas, si les agents doivent reprendre des missions qui étaient depuis plusieurs années assumées par les militaires, des choix devront être opérés, souligne lundi Vincent Gilles, président du Syndicat libre de la Fonction publique (SLFP) Police. L'abaissement du niveau de la menace annoncé lundi n'est pas forcément une bonne nouvelle pour la police, réagit Vincent Gilles.

Le Premier ministre Charles Michel a notamment indiqué que les militaires resteraient en rue de façon proportionnelle. "Nous allons en tout cas devoir reprendre des missions dévolues actuellement à l'armée, que le retrait soit progressif ou pas. Et ce, alors qu'il nous manque déjà 10% d'équivalents temps plein pour nos propres missions. En outre, certains événements ou lieux restent eux en niveau 3. La charge de travail sera donc importante. Des choix devront être opérés", souligne le président du syndicat policier.

Concernant les gardiens de sécurité privés, M. Gilles ajoute qu'après des débuts quelque peu contestés, leur intervention est désormais bien acceptée par la population. Ne plus contraindre les organisateurs d'événements privés à y recourir et à faire réaliser une analyse de risque pourrait constituer un pas en arrière en termes de sécurité, selon le syndicaliste.

La demande en agents de sécurité privés avait déjà baissé, de nombreuses sociétés ayant anticipé l'annonce faite lundi, affirme de son côté la fédération sectorielle des entreprises de gardiennage (APEG).


"Un retour au core business pour les militaires" (SLFP Défense)

L'abaissement du niveau de la menace terroriste de 3 à 2 annoncé lundi devrait entraîner une réduction drastique du nombre de militaires en rue, bien que le Premier ministre Charles Michel soit resté évasif sur son ampleur. Cela permettra en tout cas à l'armée d'à nouveau se concentrer sur sa mission de base, à savoir s'entraîner en vue de missions à l'étranger, réagit le Syndicat libre de la Fonction publique (SLFP) Défense. "Depuis que le gouvernement fédéral a décidé en janvier 2015 de déployer des militaires, bon nombre de nos collègues ont passé la majeure partie de leur temps dans les rues belges", rappelle le syndicat dans un communiqué. "Ils y vivaient comme dans une opération à l'étranger: ils n'étaient pas autorisés à rentrer chez eux, mais dormaient dans les casernes ou les aéroports."

Ils ont dès lors moins eu la possibilité de s'entraîner pour les opérations à l'étranger, "avec toutes les conséquences pour leur préparation et leurs compétences", souligne le SLFP.

"Les missions à l'étranger - dont les déploiements pour des opérations de l'UE ou de l'Otan - sont notre véritable core business et un outil pour stimuler la motivation. Elles offrent une image internationale plus crédible et constituent une partie significative du métier de militaire", réagit le président du SLFP Défense Edwin Lauwereins, qui souligne que beaucoup de jeunes recrues n'ont connu que cette opération depuis leur engagement.

De son côté, le syndicat indépendant CGPM espère que cette abaissement du niveau de la menace permettra aux militaires d'obtenir davantage de marge de manœuvre pour, par exemple, effectuer des exercices à l'étranger. "Le niveau 3 a hypothéqué nos capacités d'entraînement", relève Yves Huwart. "Il y a toujours un budget serré. Le gouvernement peut nous donner des missions en Irak, en Afghanistan ou au Mali, mais nous sommes toujours très limités en termes de personnel". "Espérons que des leçons ont été tirées et que des mesures seront prises pour organiser le mieux possible le cadre militaire."