Faits divers Un nouvel arrêté royal interdit désormais toutes les drogues de synthèse.

On la surnomme "la drogue zombie". Cannabis synthétique, cette substance a déjà causé plusieurs décès en Europe. Au printemps dernier, elle faisait même une première victime en Belgique.

Légale jusqu’alors, cette drogue synthétique est désormais interdite en Belgique. Un nouvel arrêté royal d’application depuis tout juste une semaine permet en effet de sanctionner les personnes qui en posséderaient.

Le nouvel arrêté royal, dit d’approche générique, permet ainsi d’ajouter ce produit à la liste des substances interdites. "L’arrêté royal couvrira la quasi-totalité du cannabis synthétique circulant sur notre territoire ", précise le commissaire Bruneau de la section Drogues de la police fédérale. "Cette consommation reste à mon sens marginale en Belgique."

Aux effets beaucoup plus puissants que le cannabis classique, les cannabinoïdes étaient donc, pour la plupart, des substances légales jusqu’à il y a une semaine. " Leur effet est beaucoup plus puissant que celui du cannabis classique et leur consommation, même en faibles quantités, peut entraîner des crises de panique, des troubles du rythme cardiaque et, parfois même, la mort. En Belgique, leur consommation reste toutefois marginale. Les opiacés de synthèse en revanche (type fentanyl) ont déjà causé plusieurs décès cette année dans la région de Gand ", commente encore le commissaire Bruneau, ajoutant que la nouvelle législation numérique vient de recadrer la situation.

Et le spécialiste drogue de la police fédérale de préciser que ces substances, du moins les molécules chimiques qui les composent, sont généralement achetées auprès de laboratoires chinois.

Chez Eurotox, on se montre plutôt perplexe face à l’entrée en vigueur de cette nouvelle loi. "Elle est assez rigide et permettra, certes, de sanctionner ceux qui font du commerce avec ces drogues de synthèse, mais elle n'empêchera pas l’envoi de ces drogues via le darknet et leur écoulement sur le marché noir, ce qui pourrait augmenter leur dangerosité", estime Michael Hogge, qui craint aussi de nouveaux mélanges avec des molécules plus dangereuses peut-être, qui échapperont à cet arrêté royal.