Faits divers Marjorie Ducarmois exerçait illégalement la médecine sur base de faux diplômes.

Un dossier d’exercice illégal de la médecine, de faux et d’abus de confiance était évoqué par la chambre du conseil de Charleroi, ce mardi matin. Il concernait Marjorie Ducarmois, une prétendue nutritionniste qui exerçait depuis un cabinet de Souvret.

Dès 2013, les plaintes ont commencé à affluer à propos de cette dame qui se disait "member of Belgian and European nutrition society", une association qui n’est pas officiellement reconnue.

Comme on peut l’apercevoir sur sa vidéo Youtube de promotion, un diplôme prétendument obtenu à l’université des Philippines était accroché au mur de son cabinet. Elle faisait également état d’un faux sésame universitaire obtenu en Suisse.

Mais selon le parquet, Marjorie Ducarmois ne disposait d’aucun acte officiel lui permettant de poser légalement des actes médicaux. Or, la prétendue nutritionniste a accueilli bon nombre de patients dans son cabinet, entre 2010 et 2014. "Ma compagne et moi voulions perdre du poids", raconte Sylvain. "Nous l’avons donc consultée. Elle nous a pris notre tension et a réclamé des échantillons d’urine pour mesurer notre glycémie. Elle a introduit des données dans un logiciel afin, disait-elle, d’élaborer un plan alimentaire révolutionnaire. J’ai dû payer jusqu’à quatre consultations à l’avance et acheter bon nombre de compléments alimentaires qui coûtaient des centaines d’euros et sur lesquels elle touchait en fait 25 % de commission. Au total, nous avons déboursé plus de 8200 euros, sans savoir qu’elle exerçait illégalement. Elle a joué avec notre santé".

Sur sa vidéo Youtube, on aperçoit un figurant qui monte sur ce que l’inculpée appelle un "scanner" et qui est en réalité un pèse-personne.

Inculpée au terme de l’instruction, Marjorie Ducarmois était convoquée ce mardi devant la chambre du conseil de Charleroi, au même titre que Julien D., un médecin généraliste qui lui fournissait des prescriptions et dont elle utilisait le numéro Inami.

Soupçonné de faux, ce dernier nie toute complicité. Son avocat, Me Donatangelo, a d’ailleurs demandé des devoirs complémentaires, ce qui a eu pour effet de reporter l’affaire sine die. À ce jour, 43 personnes se sont déjà portées parties civiles pour un préjudice total évalué à plus de 55.000 euros.