Faits divers

Plusieurs plaintes ont été déposées contre les taxis périphériques

BRUXELLES “ Concurrence déloyale ! ” , “Fraude organisée” . Lorsqu’il s’agit des taxis de la périphérie “qui prolifèrent” , S. K., un taximan bruxellois qui préfère garder l’anonymat, a des mots durs.

C’est que le système d’autorisation des licences diffère en Flandre et à Bruxelles. Concernant la première, ce sont les communes qui délivrent les licences. Les taximen sont donc autorisés à prendre les clients dans leur commune et les conduire partout en Belgique. À Bruxelles, le système est régionalisé mais l’autorisation n’est valable que sur les 19 communes. Résultat des courses : les taxis de la périphérie peuvent bien sûr rouler sur le territoire bruxellois mais pas y marauder. “J ’en croise toutes les nuits” , témoigne pourtant notre interlocuteur qui en a listé plus d’une centaine depuis le mois de mai. Plusieurs plaintes ont, d’ailleurs, été déposées pour infraction de ces taxis.

“La tension est palpable” , nous dit notre taximan. Qui en appelle à davantage de contrôles de la part de la Région. Il ne faut pas oublier que nous bossons 24 h/24. Ce qui n’est pas le cas de l’inspection régionale. Et lorsqu’on en réfère à la police, elle nous renvoie vers le service de taxi... absent la nuit .” Or, c’est précisément la nuit que les taxis de la périphérie enfreignent la législation. “Surtout dans les boîtes de nuit, du côté du bois de la Cambre et place du Châtelain.”

La nouvelle identité visuelle servait à permettre d’identifier les taxis bruxellois des autres. “Cela n’a servi à rien !” , tonne le chauffeur de taxi. Du côté de la Région, on se dit conscient du problème. La Direction des Taxis et ses contrôleurs sont bien au courant [...] et s’engagent à lutter contre cette concurrence déloyale , indiquait, dans un courrier adressé à S. K., la ministre Brigitte Grouwels (CD&V). Elle ajoute qu’une assistance de la police sera demandée car le comportement des chauffeurs “envers les contrôleurs et la police est devenu de plus en plus dangereux, voire irrespectueux”. Pour beaucoup de taximen bruxellois, le soutien des pouvoirs publics est encore trop timide. Et pas assez clair.

D’autant que la cour d’appel de Bruxelles a estimé en 2011 que la réglementation bruxelloise ne pouvait pas empêcher des sociétés de taxi flamandes d’effectuer des courses dont les points de départ et d’arrivée sont situés dans la Région bruxelloise. Il y a fort à parier que la justice rendrait pareille décision s’il s’agissait de taximen bruxellois embarquant des passagers à l’aéroport de Zaventem.



© La Dernière Heure 2012