Faits divers

Aussi incroyable que cela puisse paraître aux yeux de certains, il est tout à fait possible d’avoir légalement deux épouses en Belgique !

En témoigne le parcours d’Ahmed, 71 ans, qui habite avec ses femmes non loin de la place Liedts à Schaerbeek. S’étant installé en Belgique dès 1976 et marié à deux reprises - en 1968 et 1982 - au Maroc, notre père de famille nombreuse (8 enfants) a en effet réussi à faire enregistrer en bonne et due forme F. (62 ans) et A. (49 ans) sur son registre national.

Si la bigamie reste au regard de notre code pénal un crime théoriquement passible d’une peine d’emprisonnement de cinq à dix ans, ce n’est néanmoins pas une faveur qu’on a accordée à Ahmed mais bien un véritable droit à la bigamie que le parquet de Bruxelles lui a conféré.

Et pour cause… Lorsque Ahmed s’est présenté en 1995 avec l’acte de naissance d’un enfant issu de sa seconde union, son administration communale a aussitôt alerté le parquet de Bruxelles, croyant sans aucun doute que cela donnerait lieu à des poursuites. Toujours est-il qu’il n’en fut rien. Le parquet de Bruxelles n’ayant strictement rien trouvé à redire à cette situation.

DANS UNE MISSIVE des plus limpides datant de 1996, le procureur du Roi motive d’ailleurs sa décision comme suit : "Toutes les parties sont marocaines et la situation de bigamie s’est créée à l’étranger en dehors de toute intervention des autorités belges […] Il est admis dans ces conditions bien précises qu’une telle bigamie peut produire ses effets juridiques en Belgique […] Ceci est conforme à la jurisprudence […] Rien ne s’oppose au fait que les mentions des registres de population reflètent cette situation pour les personnes qui y sont inscrites."

Autrement dit : "L’autorité belge ne pourrait célébrer un mariage bigamique, contraire à l’ordre public interne belge, mais peut tolérer les effets d’une bigamie créée à l’étranger entre ressortissants de pays admettant la polygamie."

Aujourd’hui, la police locale tente malgré tout de (re)convoquer Ahmed et ses deux femmes. sur base d’un procès-verbal ouvert en… 1982 ! Sa double union ayant été (re)détectée lorsque l’homme est venu récemment déclarer la perte de sa carte d’identité, lui qui a obtenu la nationalité belge en 2011.


“Cela ne va pas de changer les lois après coup…”

“Il vaut mieux avoir deux femmes qu’avoir une maîtresse derrière le dos de sa femme. Et s’il y a sur terre trois femmes pour un homme, que font les deux femmes qui ne trouvent pas de mari ? C’est là que l’Islam intervient et résout le problème ! Le Coran autorise les musulmans à avoir deux femmes. Il y a cependant des conditions à remplir pour pouvoir y prétendre. Il faut tout d’abord que la première femme soit consentante. Ensuite, il faut que l’homme soit certain de pouvoir traiter ses deux femmes de manière égale. S’il ne s’en sent pas capable, le Coran dit de ne prendre qu’une épouse”, expliquent deux des six fils d’Ahmed. 

“Nous, on considère chacune des femmes de notre père comme notre propre mère. On a toujours travaillé et on s’est toujours tenus droit. On ne comprend donc pas pourquoi on se fait actuellement harceler par la police alors que notre père a obtenu l’accord du parquet de Bruxelles pour inscrire ses deux femmes sur son registre national. Ils n’ont pas le droit de faire marche arrière. Cela ne va pas de changer les lois après coup en fonction des personnes.”