La maltraitance ancrée dans le cerveau

Ch.V. Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Matière blanche et hippocampe sont touchés quand un enfant est victime de violences : de nouvelles pistes pour les traitements thérapeutiques

BRUXELLES Durant cinq ans, plusieurs jeunes gens ont été suivis pour les besoins d’une étude psychologique. Les cobayes du groupe 1, bien que ne présentant aucun trouble psychiatrique, ont tous été victimes d’abus ou de violences durant leur enfance. Au sein du groupe 2 était réunie une poignée de jeunes gens n’ayant, eux, jamais été soumis aux coups ou autres pressions familiales.

Le but de cette étude menée par les chercheurs de l’Université du Texas ? Mieux comprendre le processus qui mène, en cas de maltraitance, à des troubles dépressifs, une fois atteint l’adolescence ou l’âge adulte. Ainsi, “des perturbations au niveau des faisceaux de matière blanche ont été observées chez les adolescents exposés aux mauvais traitements dans leur enfance”. La matière blanche est la substance responsable du transfert d’informations entre différentes zones du cerveau.

Si le lien entre troubles mentaux développés plus tard tels qu’angoisse, dépression, addiction ou suicide et maltraitance dans l’enfance n’est plus à établir, l’impact biologique sur la matière du cerveau restait un mystère.

À terme, espèrent les spécialistes, il s’agira, grâce à des découvertes telles que celles-ci, de repérer les sujets enclins à développer de pareils troubles, bien avant que les premiers symptômes ne se déclarent. “Nos résultats suggèrent que les perturbations de substance blanche observées chez les adolescents exposés à la maltraitance dans l’enfance peuvent être associées à un risque accru de troubles psychiatriques”, a commenté le chercheur Hao Huang, cité dans la revue Neuropsychopharmacology.

Ce n’est pas la première fois qu’une étude approfondie de la substance composant le cerveau fournit des pistes aux psychiatres. Dernièrement, ce sont les changements observés au niveau de l’hippocampe (cette partie du cerveau responsable notamment de l’humeur et de la mémoire) qui le liaient au stress provoqué par une ambiance violente. Dans ces cas étudiés, l’hippocampe des enfants maltraités présentait à chaque fois un rétrécissement induit par les hormones du stress…



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