Faits divers

Vive tension derrière l’hôtel de ville entre extrême-gauche et extrême-droite

LIEGE

On est passé à deux doigts de l’affrontement physique violent ce samedi vers 15 h devant l’hôtel de ville de Liège. Dany Simal et le groupe Vigies étaient présents pour remettre un courrier au bourgmestre Willy Demeyer. Ils n’avaient pas obtenu le droit d’organiser une marche de l’indignation, en réaction aux émeutes provoquées il y a 15 jours par un groupe de casseurs, suite au décès de Jordy Makono, abattu par un bijoutier de Tilff.

Malgré l’interdiction, quelques dizaines de manifestants s’étaient rassemblées pour soutenir Vigies. De simples citoyens venus crier leur révolte face à la violence mais aussi des militants d’extrême-droite et du Parti populaire. En face, une quarantaine de militants anti-fascistes, bien décidés à dénoncer ce mouvement qu’ils qualifient de raciste et sécuritaire. Un impressionnant dispositif policier s’est rapidement déployé pour maintenir les deux camps à distance.

“Ils instrumentalisent un fait divers pour faire passer un message d’extrême-droite”, lance une manifestante de gauche. “La violence des jeunes après la mort de Jordy n’est rien en comparaison avec la mort de ce gamin”, dit un autre. Du côté du Front national, on tient évidemment le discours inverse. “Il est hors de question de laisser la racaille avoir le fin mot. Nous venons défendre l’état de droit et la sécurité publique”, déclare Philippe Duquenne, vice-président du FN Wallonie.La tension est montée d’un cran à la sortie de l’hôtel de ville de Vigies. Dany Simal, mégaphone à la main, a tenté de lire un discours mais sa voix a vite été couverte par les cris des manifestants.

“Nazis”, entendait-on hurler à gauche. “Ordre, justice et sécurité”, lançait-on à droite. Puis des insultes et des menaces ont fusé de toutes parts pendant une demi-heure.

Dany Simal a alors ordonné la dislocation du rassemblement. Les policiers ont pu éviter tout affrontement direct et chacun est parti de son côté. Vigies a fait savoir que Willy Demeyer avait délibérément organisé “cette souricière pour faire taire Vigies”. Le groupe compte déposer une plainte contre le bourgmestre auprès du Centre pour l’égalité des chances.


© La Dernière Heure 2011