Faits divers

Une étude européenne dresse le portrait des djihadistes durant une étude de 2 ans

Un rapport intermédiaire sur le lien entre criminalité et terrorisme dans onze pays différents a été publié ce mardi par Globsec, un groupe de réflexion européen sur la politique de sécurité. Il s’agit de pays comme l’Allemagne, la France, la Grèce, la Grande-Bretagne mais également la Belgique.

L’enquête tente de décrire les profils des terroristes. Pour réaliser cette étude, le Globsec a étudié 225 terroristes au total. L’ensemble des djihadistes européens analysés ont 116 crimes distincts à leurs actifs. Seulement 33 % d’entre eux concernent ce qu’on peut appeler de la petite délinquance. On entend par là des vols, la détention de drogue ou de s troubles de l’espace public, indique Het Laatste Nieuws qui a eu accès au rapport.

67 % des djihadistes ont été liés à des faits plus graves. On parle notamment de vol à main armée, le recours à la force ou le meurtre. "Il semble que nous avons à faire beaucoup plus à des gangsters qu’à des petits voleurs" , déclare à Het Laatste Nieuws, le chercheur Kacper Rekawek.

La proportion de terroristes ayant des antécédents criminels en Belgique et en France représente presque la moitié, contre seulement 6 % en Espagne, rapportent nos confrères du quotidien flamand. C’est le cas d’Abdelhamid Abaaoud, qui a été tué après l’attaque de Paris. Il avait été condamné à plusieurs reprises pour vol et violence.

Un autre exemple est celui de Khalid El Bakraoui, qui s’est fait sauter à la station de métro Maalbeek. Le terroriste avait déjà participé à un vol avec prise d’otage en 2009. " Cela peut simplement s’expliquer par la manière dont sont formés les réseaux terroristes", indique Kacper Rekawek. "Le recrutement se produit souvent dans le cercle d’amis et si un ancien criminel se retrouve dans un tel réseau, il attire facilement d’autres personnes."

Une des explications en Belgique se trouve en la personne de Khalid Zerkani comme l’expliquent nos confrères néerlandophones.

Zerkani encourageait activement les attaques djihadistes. Il existe aussi les liens étroits entre les réseaux belge et français. Ils ont pu attirer le même genre de personnes.

Une autre explication avancée est que l’État islamique a encouragé les malfrats dans le terrorisme. La propagande indiquait que les gens avec le pire passé amenaient parfois un meilleur avenir. Cet argumentaire a également trouvé écho dans les prisons. Cela a fourni un grand terreau de recrutement et de l’expérience aux terroristes.

Par exemple, comme le relatent nos confrères, ce sont souvent les vieux criminels qui apportent des armes et abaissent le seuil de la violence.