La petite Laurine enterrée ce lundi

Anne Vanbrabant Publié le - Mis à jour le

Faits divers Un bébé d'un mois est décédé mardi soir après avoir été malmené par un petit garçon

ENGIS A l'heure de panser ses plaies, pour des raisons évidentes de respect vis-à-vis des familles touchées, les obsèques de la petite Laurine se dérouleront aujourd'hui dans l'intimité.

Il faudra beaucoup de courage à la maman de la petite fille pour surmonter cette nouvelle épreuve. Le personnel du centre où elle résidait est lui aussi très touché.

Mardi soir, une jeune femme hébergée dans un centre pour femmes en difficulté devait quitter son nouveau-né quelques instants pour répondre à certaines contraintes administratives. Elle le laissait alors dormir dans un landau dans sa chambre. C'est pendant ce temps qu'un petit garçon, lui aussi hébergé au centre avec sa maman, se rendait dans la chambre où dormait le bébé et le faisait tomber par terre avant de lui donner des coups qui ont été considérés comme la cause de la mort du bébé, qui avait vu le jour le 21 janvier dernier.

Un tel acte pose évidemment des questions, car le fait que la scène se soit déroulée dans un centre d'accueil n'a absolument aucune importance. Le procureur du Roi de Huy, M. Romijn, a été très clair à ce sujet: «Il n'y a aucun défaut de prévoyance ni dans le chef de la mère, ni dans le chef du personnel». La question qui se pose donc est de savoir comment un petit garçon de trois ans peut en arriver à poser de tels actes? Une pédopsychiatre, attachée à la Citadelle de Liège, Sylvie Boden, a d'emblée précisé qu' «un enfant de cet âge-là n'a pas conscience de la mort et de son irréversibilité. Cette appréhension n'intervient que beaucoup plus tard, vers 7, 8 ou 9 ans». Il semble pourtant qu'il savait qu'il «faisait mal».

Parallèlement à cela, on voit mal quelles sanctions pourraient tomber sur ce petit garçon de trois ans, même s'il a été séparé de sa maman et est placé dans un centre où il est entouré psychologiquement. Légalement, rien n'est prévu pour incarcérer un enfant si jeune qui risque de souffrir longtemps de cette scène dont il ne pouvait pas imaginer les conséquences.

Et c'est vrai qu'une telle histoire met mal à l'aise des personnes pourtant familières d'actes de violence. «C'est la première fois que nous avons à traiter d'une telle affaire. Elle a ému tout le monde. C'est très difficile de communiquer à ce propos», a expliqué le procureur qui devra visionner le film où le petit garçon a été invité à reproduire sur une poupée les gestes qu'il a posés sur le nourrisson.

© La Dernière Heure 2005

Anne Vanbrabant