Faits divers Le procès commence demain. Alors que ce week-end, un moins valide et son chien d’assistance ont connu le même problème à Walibi

C’est à 9 h 30 demain que s’ouvre à Bruxelles le procès que Katherine Solal, Jettoise de 25 ans se déplaçant en chaise roulante et avec l’aide d’un chien d’assistance, fait à Häagen Dazs pour s’être vu refuser l’accès à son établissement de la place Louise le 25 juillet dernier.

Un procès de grande actualité : selon nos informations, confirmées par la députée bruxelloise Carla Dejonghe (VLD), un Limbourgeois en fauteuil roulant a rencontré le même problème dimanche à l’entrée du parc Walibi.

Contacté hier, le parc d’attractions nous a fait la réponse suivante : "Les chiens des malvoyants sont autorisés dans le parc mais dans ce cas précis, il s’agissait d’un chien d’assistance, une situation atypique qui explique qu’il a fallu appeler le responsable du jour du parc (le duty manager), qui se trouvait de l’autre côté de Walibi. Notre duty manager a autorisé cette personne à entrer dans le parc avec son chien. Au total, cela a pris 30 minutes."

Ronny a renoncé hier à faire la même démarche en justice que Katherine Sokal contre Häagen Dazs. Katherine, elle, ne renonce pas !

Si le personnel du glacier avait su qui est cette jeune femme, lui aurait-il dit d’aller voir ailleurs ? Katherine, pour ceux qui la connaissent, c’est un sourire, c’est un courage. Katherine a 20 ans quand est diagnostiqué le syndrome d’Ehlers-Danlos. Celui dont elle souffre touche une personne sur 15.000. Comme elle dit, "j’ai tiré le mauvais numéro". 

À 21 ans, l’évolution du Ehlers-Danlos l’astreint à se déplacer en chaise. Katherine poursuivait des études d’histoire et géographie. C’est à 23 ans qu’elle reçoit Ned, cet incroyable (il ouvre les portes, etc.) chien d’aide formé par Dyadis, l’admirable ASBL (02/772.30.12). Les refus d’accès (contraires à la législation belge, NdlR) ne sont pas l’apanage de Häagen Dazs. En dix-huit mois, assure Katherine, "mon chien et moi avons été refoulés ailleurs une bonne dizaine de fois".

Avec détermination, Katherine termine ses études d’histoire-géo. Elle se rend alors à l’évidence qu’elle a étudié pour rien. Avec ces bâtiments scolaires mal adaptés, la fatigue, la douleur, le traitement, la barre est trop haute, elle n’y arrivera pas. Katherine ne baisse pas les bras. Elle entame maintenant des études d’assistante sociale. C’est sûr, elle réussira.

Son procès contre Häagen Dazs, Katherine ne le fait pas pour sanctionner. Son avocat demandera 1. 000 euros. Dans cette action en cessation, Marijn Van Nooten demandera surtout à la justice d’interdire au glacier d’empêcher l’accès à ses salons à toutes les Katherine et tous les Ned, et à publier la condamnation dans les médias.

Hier, Me Van Nooten confiait n’avoir toujours pas reçu la réaction de Häagen Dazs. Le procès risque donc d’être remis à demain pour permettre aux parties de conclure.

Ce week-end, La DH pu annoncer que le salon Häagen Dazs en cause place Louise a définitivement fermé les portes, pour cause de non-renouvellement du bail. La polémique n’y est pour rien. Pour autant, le procès aura bien lieu, précise Me Van Nooten. "Il concernera les autres Häagen Dazs."

Le 3 août, la porte-parole à Paris du groupe Häagen Dazs a attribué l’"incident" à "la capacité d’accueil limitée" du salon de dégustation. On comprend qu’il n’y avait pas de place.

C’est faux et nous publions la preuve : le Häagen Dazs était vide !

La photo, où l’on voit Katherine et son chien Ned dans l’établissement, a été prise au moment où ils se font refouler. Pas de place ? Capacité limitée ? Faux ! C’est vide. À peine deux tables sont occupées.

© DR

Cela recoupe l’enquête que nous avons menée auprès des serveurs présents (DH du 2 septembre).