Faits divers

La mère d'une victime des empoisonneuses raconte

FRASNES Les empoisonneuses n'ont pas seulement volé 800 € chez leur première victime, M. Julien Waterloos, 80 ans, le 9 mars, à Renaix. Elles ont aussi volé un... sac Delhaize.

Le renseignement n'est pas anodin. Il est à relier au fait qu'un sac Delhaize a servi samedi passé à étouffer les septuagénaires de Frasnes que les tueuses aux gâteaux avaient préalablement empoisonnés en leur faisant manger de la pâtisserie. Le rescapé est formel : "Les empoisonneuses ont emporté 800 €, une culotte, plusieurs couteaux de cuisine, et ce fameux sac Delhaize."

À Renaix , M. Waterloos parle aussi d'un gâteau au flan. Pour avoir été pâtissier, il assure que c'était vraiment du gâteau "de qualité". Elles y avaient mélangé tellement de somnifères que les médecins ont cru que Julien avait voulu se suicider. L'octogénaire a dû expliquer que non, il aimait la vie et avait bien l'intention de vivre 100 ans.

Il doit la vie sauve à son voisin tunisien et à son épouse qui, le lundi 9 mars vers 21 h, s'étonnaient de constater qu'il n'avait toujours pas descendu ses volets. Julien, assis dans son fauteuil, était dans le coma. Nous étions le lundi. Il s'est réveillé le jeudi.

Julienne Pieters est la mère de Rosita De Smet, première compagne d'Isabelle Dhert avant que celle-ci ne l'étrangle (le 20 mai 1998) puis, condamnée aux assises de Gand, épouse, en prison, Melissa Fruit :

"J'étais choquée d'apprendre que Dhert, condamnée en 2000 à 25 ans, était déjà sortie en 2007. Pour moi, ce n'était pas de savoir si elle recommencerait : c'était quand. Ma fille avait peur d'elle. Surtout quand Dhert avait bu. C'était terrible. Elle la faisait se mettre à genoux. Huit jours plus tôt, ma fille m'avait téléphoné, la dernière fois, pour me dire qu'elles s'étaient encore disputées. Je lui avais dit de la quitter. Si elle m'avait écoutée...

"On n'a jamais su la vraie vérité. Dhert a constamment changé de version. Au procès, à la fin, elle a même chargé sa mère. Ma fille me manque. C'est une croix que je porte tous les jours. Après le double meurtre de Frasnes, je me suis rendue sur sa tombe. Je lui ai dit que Dhert avait recommencé. C'est un danger pour la société. Elle ne doit plus jamais être libre."



© La Dernière Heure 2009