Faits divers Un habitant de Crainhem : "On a cru qu’il allait atterrir dans les jardins"

La police de la zone Wokra (Crainhem/Wezembeek Oppem) enquête sur un incident curieux survenu dimanche dernier.

En début d’après-midi, pour certains en plein barbecue, des habitants de Crainhem ont été intrigués de voir un drôle d’oiseau se poser dans un champ à l’arrière d’habitations : un hélicoptère tout noir immatriculé aux États-Unis. Un témoin confie : "On a cru qu’il allait se poser dans les jardins."

L’appareil a débarqué des passagers. Il n’a redécollé qu’en fin d’après-midi. D’où provenait-il ? Que se passait-il ? Qui étaient les VIP ? L’échevin Joris faisait dimanche fonction de bourgmestre. "En effet, j’ai reçu plusieurs appels de gens inquiets. J’ai chargé la police d’ouvrir une enquête. Nous sommes en périphérie. Crainhem n’est pas Bruxelles mais n’en est pas moins une commune densément peuplée qui se trouve aussi dans l’axe de pistes de Brussels Airport. Un dossier pénal est ouvert. Un PV a été rédigé. Cela m’interdit d’en dire plus."

Des photos montrent que l’hélicoptère s’est vraiment posé à l’arrière à proximité d’habitations. Est-ce permis ?

D’abord, Belgocontrol avait autorisé le vol. Nous l’avons vérifié : la sécurité du trafic aérien n’a pas été mise en danger. L’hélicoptère noir était un Gazelle. Aux commandes, un pilote expérimenté, Xavier de Tracy, propriétaire de l’héliport privé de Zomergem d’où il avait décollé.

Inutile aussi de fantasmer sur son immatriculation aux États-Unis. La pratique est courante. Pour la maintenance notamment, les règles américaines sont "plus souples que le système lent et bureaucratique (européen) de l’EASA".

Après un vol Zomergem-Crainhem de 28 minutes, le Gazelle s’est posé à l’arrière d’habitations de l’avenue Reine Astrid. Il était 14 h. Il a redécollé à 18 h 15.

L’autorisation de vol de Belgocontrol l’autorisait-il à se poser n’importe où, presque dans votre jardin ? Le pilote nous affirme qu’il avait aussi l’autorisation du propriétaire du champ. "À partir de là, estime Xavier de Tracy, tout est en règle."

Ce n’est pas l’avis d’Olivier Joris. Selon le bourgmestre ff de Crainhem, le pilote devait pour l’atterrissage, avoir aussi l’autorisation de la Direction générale du transport aérien (DGTA).

Que disent les textes ? Depuis 2013, "à l’intérieur des villes et parties agglomérées de communes, les atterrissages et décollages d’hélicoptères en dehors des aérodromes ne sont pas autorisés sans l’autorisation de la DGTA", sauf si (le terrain d’atterrissage/décollage) "se rattache à la campagne".

Crainhem prétend aussi que le pilote devait avoir l’autorisation de la commune. Mais elle s‘appuie visiblement sur une loi datant de Napoléon, donc 125 ans avant l’invention de l’hélicoptère.

Et qui amenait-on dans cette périphérie bruxelloise. Cela restera mystérieux. M. de Tracy ne parlera pas. "C’était un vol privé. Privé signifie privé."