La preuve par les ronces

Gilbert Dupont Publié le - Mis à jour le

Faits divers

De nouveaux résultats ADN attendus aujourd'hui

LIEGE Il y a un mois, le 14 juin, Abdallah Aït-Oud, recherché depuis trois jours - alors comme témoin - dans l'enquête sur les disparitions de Stacy et Nathalie, se livrait à la police de Liège. Si les éléments ADN espérés manquent, un élément de... botanique rend la position d'Aït-Oud encore plus inconfortable. Désormais, pour les policiers sur le terrain, Abdallah Aït-Oud n'est plus le suspect n°1 mais l'assassin présumé de Stacy Lemmens et Nathalie Mahy.

Tout un temps, ils avaient à l'esprit qu'un comparse avait pu l'aider. Cela aussi, c'est fini. Pour l'enquête, Abdallah Aït-Oud a tout fait tout seul et la question n'est plus de savoir si c'est lui ou pas, mais comment il a procédé. Plusieurs questions restent en suspens. Ainsi, si son parcours est très bien reconstitué, les enquêteurs ne peuvent pas encore situer l'endroit le long de la voie ferrée où les petites ont été tuées. En revanche, il n'est plus contestable, avec les témoignages en leur possession, qu'Abdallah a tenté d'attirer plusieurs adolescentes (en prétendant leur montrer des petits animaux) avant de s'attaquer finalement à Stacy et Nathalie.

Jusqu'aux funérailles, Thierry Lemmens et Catherine Dizier doutaient. Catherine Dizier se disait prête à aider Aït-Oud à quitter la prison "la tête haute" s'il apparaissait qu'il n'était pour rien dans la mort des enfants. Ce temps-là est passé.

Hier, Thierry Lemmens, interrogé par nos soins, confie qu'il n'a personnellement plus de doute.

Pour leur part, les enquêteurs parlent de conviction , dernière étape avant le mot certitude . Ils attendent aujourd'hui une nouvelle série de résultats ADN. Aït-Oud comparaît mercredi prochain en chambre du conseil. Hier enfin, Catherine Dizier a été réentendue, à sa demande.

L'élément nouveau est botanique. On savait qu'Aït-Oud, quand il s'est livré, portait des traces suspectes ressemblant à des marques laissées par des ronces. Des éléments de peau ont été prélevés. Les résultats sont tombés : c'étaient bien des ronces. Mais les recherches vont plus loin. Aït-Oud prétendait qu'il s'était occasionné ces marques en sautant d'un mur derrière l'habitation de Christelle. On a vérifié : pas de ronces à l'endroit indiqué.

Par contre, des recherches ont été entreprises sur le talus de la voie ferrée. Et là, on a trouvé une espèce correspondant parfaitement aux traces relevées sur Abdallah Aït-Oud.



© La Dernière Heure 2006
Gilbert Dupont