Faits divers Dans les photos que Danièle Zucker expose, la passion pour les détails ne quitte pas celle qui a traqué les tueurs du Brabant

Le moins qu’il faille écrire est qu’elle ne manque pas de cordes à son arc : Danièle Zucker n’est pas seulement docteur en psychologie, licenciée en philosophie, auteure d’ouvrages, ancienne responsable des urgences psychiatriques de l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles, connue du public pour avoir suivi au FBI des formations en profiling et à ce titre, une des meilleures profileuses européennes. Danièle Zucker est aussi une artiste que consacre l’exposition Un goût d’éternité qui s’ouvre demain, et jusqu’au 23 octobre, à la Galerie Guy Pieters à Knokke.

Exposition de photographies inspirantes car l’on retrouve comme un fil rouge chez Danièle Zucker-l’artiste, ce que l’on a connu chez Danièle Zucker-la profileuse du dossier des tueries du Brabant : la quête du détail, ces "petites choses a priori non visibles qui vous échappent", dit-elle, mais sont comme des clés et "finissent pas révéler le réel".

Des détails ! Ne vous étonnez pas d’apprendre que dans sa première expo, Danièle Zucker-l’artiste photographiait des écorces d’arbre. Celle-ci, la troisième, photographie des surfaces de lacs, trouvant "rigolo" d’ainsi communier avec trois univers, celui sous la surface, la surface et le reflet.

La beauté a toujours fasciné Danièle Zucker qui trouve dans la photo le moyen de la fixer sur un support, quel meilleur moyen de révéler ces fameux détails. Au final, c’est la même démarche pour l’analyse des scènes de crime ou l’audition de victimes et d’auteurs de crimes. Il y a dix ans, Danièle Zucker-la profileuse ne faisait rien d’autre quand elle exhumait la piste suisse en analysant le dossier des tueries, cette fameuse piste suisse qui fut stoppée.

Elle pratique la photo après avoir suivi les cours de grands professionnels. Pour Zucker-l’artiste, la photo est "une porte vers l’infini, du visible vers l’invisible". Le travail exposé est magnifié par la technique Diasec. Chaque œuvre se vend à 5.000 euros pièce.

C’est un pur hasard si la Galerie Guy Pieters, située Zeedijk 753 à Knokke, se trouve à deux pas de la scène du crime de Sophie Muylle dont les médias ont beaucoup parlé cet été, un assassinat dont elle a très vite déterminé comment arrêter l’auteur. Et c’était exact.

Quant au Dossier des tueries du Brabant dont elle fut prématurément et brutalement écartéé, Danièle Zucker-l’artiste refuse d’en parler. Quel est aujourd’hui son ressenti ? "Je n’ai pas d’amertume […], l’amertume est derrière moi. L’intérêt que je porte au contenu du dossier est en revanche resté intact. Je dis bien : l’intérêt au contenu du dossier, pas au bruit qui a été fait autour".

La profileuse avait tiré des conclusions qu’on n’a pas écoutées. Aujourd’hui, reviendrait-elle sur ces conclusions ?

Mme Zucker est très claire : "Non. Pourquoi, (elles) étaient validées."