Faits divers L'enquête britannique devrait aboutir un jour mais il y a fort à parier que la thèse du complot survivra

LONDRES Les tenants de la thèse du complot pour expliquer la mort tragique de la princesse Diana, il a 9 ans, dans un accident de voiture aux premières heures du 31 août 1997 dans un passage souterrain parisien, ne désarment pas au Royaume-Uni.

Côté officiel, alors qu'en France l'affaire est close, l'enquête judiciaire britannique, menée par Lord Stevens, ancien chef de Scotland Yard, ajourne sans cesse la remise de ses conclusions. Apparitions de nouveaux témoins, recueil de nouveaux résultats d'analyses scientifiques en sont officiellement la raison.

Le nouveau délai annoncé fin mai a, de fait, redonné du tonus aux tenants de la thèse de la conspiration dont l'un des plus convaincus est Mohammed Al-Fayed, le père de Dodi, tué sur le coup dans la Mercedes noire au côté de lady Diana.

Dans son grand magasin londonien Harrods la foule piétine pour accéder au mémorial installé en souvenir du couple au pied du "grand escalier égyptien". Au sous-sol, dans une atmosphère de grotte miraculeuse, la reconstitution est digne de Madame Tussaud ou du musée Grévin avec les verres -préservés sous vide- utilisés par Diana et Dodi au bar du Ritz avant de s'engouffrer dans la voiture devant les conduire à la mort. Il y a aussi là, en évidence, la fameuse bague offerte quelques heures auparavant par Dodi: la promesse en mariage ?
A douze mois du dixième anniversaire, prochain grand rendez-vous des théoriciens de la conjuration, la pile de livres consacrée à l'affaire ne cesse de croître.
Le plus récent, "Diana, une mort annoncée" s'ouvre sur le "témoignage inédit" de Rita Rogers...voyante qui aurait prédit à Dodi un danger se présentant sous la forme d'une voiture noire. Cet ouvrage recense pas moins de 115 éléments supposés démontrer que la mort de Diana était annoncée.

Les minutieuses reconstitutions télévisées abondent aussi mais, toutes, à ce jour, ont conclu à l'accident après de minutieuses enquêtes.

Dans la presse quotidienne il y a le phénomène insolite du Daily Express (835.000 exemplaires) qui prétend débusquer un complot et des mensonges d'Etat par une manchette hebdomadaire.

La litanie est devenue tradition: chaque lundi, où presque, depuis 468 semaines, ce quotidien fait sa Une en caractères d'affiche sur le thème "Diana: ce n'était pas un accident".

Spéculations et "exclusivités" se succèdent: le poison (décembre 2005), un commando de la mort (janvier 2006), des espions dans la morgue (janvier 2006) après avoir eu recours à un rayon laser (février 2006)... Au fil des semaines le feuilleton accumulent les "nouvelles preuves".

Le 5 juin dernier le titre n'a pas tenu sa promesse: "La mort de Diana: enfin la vérité".
Cette semaine, à l'approche de la date anniversaire ce journal consacre quotidiennement sa première page à "l'événement".

Et, neuf ans après ce qui fut un choc mondial et un drame national, les proches de Diana sont toujours dans leur rôle.

Dans la famille royale, la reine est plus souveraine que jamais, même si elle aurait songé à abdiquer après la mort de Diana selon le film "The Queen" de Stephen Frears dont la première est programmée à Londres pour le 22 septembre.

Charles, le fils, s'est -enfin !- marié avec Camilla dont la présence et les chapeaux font désormais partie du protocole royal.

William, le futur roi, ressemble de plus en plus à sa mère Diana par la taille, le port de la tête et le sourire faussement timide.

Les paparazzi, omniprésents et montrés du doigt dans l'enquête sur l'accident de Paris, ont relativement épargné William et son frère Harry, sauf aux petits matins à la sortie des discothèques.

D'ici le dizième anniversaire, l'enquête britannique devrait aboutir mais il y a fort à parier que la thèse du complot survivra.