Faits divers "J’ai reçu à boire, et même des frites gratis".

La police londonienne s’est inquiétée, pendant trois jours et trois nuits, de la disparition depuis vendredi, près de Big Ben, d’un Belge de 57 ans, Luc Blieck, présenté comme "fragile, vulnérable, ayant besoin de soins, souffrant d’un retard, avec l’âge mental d’un enfant de 6 à 12 ans".

Luc était toujours introuvable lundi en début de soirée. Perdu dans une agglomération de 12 millions d’habitants. On n’y croyait plus. Mais l’affaire a connu un dénouement inespéré lundi soir. Luc a été retrouvé.

Voici ce qui s’est passé.

Il faisait partie d’un groupe de huit personnes à handicap en visite accompagnée dans la capitale anglaise. Le malheur a voulu que les Belges croisent près de Big Ben vendredi vers 16 h des manifestants opposés à la visite de Donald Trump. Luc a disparu dans la foule. Impossible de le retrouver.

L’inquiétude, très vite, a grandi. Luc ne connaît pas Londres. Il ne parle pas l’anglais. Son état nécessite la prise de médicaments, or il n’en avait pas sur lui. Et pas de GSM.

Allait-on le retrouver ? Et après trois nuits, dans quel état ?

On l’a retrouvé lundi soir assis sur un banc, dans un parc, non loin du lieu de la disparition. Premiers mots ?" J’ai faim et très soif." On a vidé d’un trait une bouteille d’eau. Puis il a raconté la gentillesse des Londoniens. "On m’a donné à boire et à manger. J’ai même reçu un sachet de frites gratuit."

Il possédait quelques sous auxquels il n’a pas touché : "J’ai même rien dépensé."

Luc a subi lundi soir un check-up complet qui a révélé qu’il avait surtout besoin d’une bonne nuit dans un bon lit. Il est en principe rentré hier soir en Belgique. Il possède son petit studio où on le surveille comme il se doit.

L’ASBL belge qui organisait le séjour encadre 2.000 personnes chaque année. Pour son président, M. Putman, les accompagnateurs n’ont rien à se reprocher. "Ces trois jours et ces trois nuits d’attente les ont par contre marqués. Nous serons attentifs, au besoin, à leur venir en aide."

Le directeur de cette belle ASBL ajoute que si Luc a l’âge mental d’un enfant, on l’aurait retrouvé plus aisément s’il en avait gardé le physique. "On l’aurait signalé beaucoup plus vite à la police. Dans une ville comme Londres, un adulte sur un banc dans un parc, ça n‘étonne plus grand monde."