Faits divers Le Conseil national de sécurité doit se prononcer lundi soir sur le niveau de la menace. Un retour à l’échelon 2 est envisagé.

Alors que la décision de faire baisser le niveau de la menace terroriste de trois à deux pourrait être prise ce lundi soir par l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam), les syndicats policiers ne sont pas d’accord sur les conséquences éventuelles d’une telle décision pour la charge de travail des forces de l’ordre. La mise en place d’un niveau intermédiaire, assorti de mesures particulières permettant aux militaires de se retirer progressivement des espaces publics, pourrait voir le jour.

La baisse du niveau de la menace à deux sur une échelle de quatre aurait en théorie une conséquence claire selon le président du syndicat SLFP de la police Vincent Gilles : le retrait des forces armées des rues. "Si on passe en niveau deux, l’armée se retire des rues. C’est l’élément essentiel et il signifierait que la police devrait reprendre une série de missions de surveillance dont sont actuellement en charge les militaires. D’une manière ou d’une autre, il y aurait plus de travail pour la police", explique-t-il.

"Prenons un exemple concret : la surveillance de la grande synagogue de Bruxelles. Auparavant, en niveau deux, elle réclamait un passage toutes les heures, ou presque, de policiers et un ou deux pendant la nuit. En niveau trois, deux militaires surveillent celle-ci en permanence, ce qui finalement libère des policiers pour d’autres missions. De manière générale, le retrait des militaires reposerait le problème de la capacité policière. C’est juste un constat. Je précise que concernant la décision qui sera choisie lundi, c’est la grande inconnue. Elle sera d’ailleurs prise sur des éléments de l’Ocam que je ne connais pas", ajoute Vincent Gilles.

Pour le syndicat national de police et de sécurité (SNPS), en revanche, une baisse éventuelle au niveau deux de la menace signiferait au contraire une baisse de la charge de travail des policiers. "Si le niveau de la menace baisse, les mesures de sécurité diminuent également. Et puis, les militaires dans les rues sont encore là pour un bout de temps", explique son secrétaire national Thierry Belin.

Reste que, comme rien n’est souvent blanc ou noir, d’autres hypothèses pourraient être sur la table, telles qu’abaisser le niveau général à deux et le maintenir à trois pour une série de lieux sensibles. Il s’agirait alors en quelque sorte d’un niveau intermédiaire qui permettrait à l’armée de se retirer progressivement des espaces publics, tout en restant sur certains sites sensibles.