Faits divers

Selon l’enquête, quatre individus se trouvaient sur le tarmac de Brussels Airport le 18 février dernier pour le braquage du siècle, le braquage des diamants : Tarek Bouazza, Bajadi El H., Nordine El Hoffadi et le Français Marc Bertoldi qui ne connaissait pas les lieux. Et le premier, Tarek Bouazza, 35 ans, de Ganshoren, était le cerveau. C’est du domicile de sa maîtresse à Vilvorde que la bande s’était mise en route le soir des faits.

Détenu depuis le 8 mai 2013, Bouazza a été libéré hier par la chambre des mises en accusation de Bruxelles.

L’info a pu nous être confirmée par son avocat Olivier Martins qui se refuse à tout commentaire. Bouazza est libéré sur un dossier "fragile", une "addition d’erreurs, d’imprécisions et de conclusions hâtives", de failles relevées par l’avocat et visiblement acceptées par la cour d’appel, notamment dans l’exploitation, par les enquêteurs, de données fournies par des filatures téléphoniques.

Et pour le prouver, le cerveau présumé du supercasse n’a rien fait d’autre que consulter le… site officiel et accessible à tous de l’IBPT, l’organisme officiel belge régulateur des télécoms !

Les trois autres inculpés principaux soupçonnés de s’être trouvés sur le tarmac restent détenus.

Pour libérer Tarek Bouazza, la chambre des mises en accusation retient que son ADN n’a pas été trouvé sur les pièces d’avion touchées par les auteurs ni sur les sacs ayant contenu les diamants. Que la découverte en Suisse d’un lot de diamants provenant du casse "est sans lien avec lui".

Et, autre faiblesse de l’enquête, que la police belge se sert d’informations transmises par la police marocaine sans qu’il n’y ait eu une demande officielle préalable de la Belgique, réduisant ce type d’informations à la valeur de "simples renseignements".

Deux heures avant le supercasse de Zaventem, le GSM suspect qui, selon la police, est utilisé par Bouazza est localisé à Vilvorde où vit sa maîtresse Christel Ch., ex-policière à Schaerbeek.

Cette rue, selon le site de l’IBPT, est couverte par deux bornes dont une couvre aussi un autre secteur, ce qui laisse la possibilité théorique mais suffisante que Bouazza ne se trouvait pas chez la jeune femme.

cette borne ne couvre par contre pas l’aéroport. En sorte qu’il n’est pas établi que Bouazza s’est effectivement rendu à l’aéroport : les filatures téléphoniques prouvent certes qu’il se trouvait près de l’aéroport 20 minutes avant le casse mais pas sur le tarmac à l’heure précise de celui-ci.

Le cerveau présumé du casse des diamants est ainsi libéré sur des imprécisions, des conclusions hâtives, des failles.

Tarek Bouazza était détenu depuis cinq mois.

"Mon client est sorti de prison", confirme Me Olivier Martins.

Tarek Bouazza reste inculpé.