Faits divers Emre, 19 ans, a causé la mort d’une jeune fille et grièvement blessé un enfant de 8 ans. Libre, le jeune homme se confie à la DH.

Emre, 19 ans, n’avait pas bu. Pas consommé de drogue non plus. Mais il n’avait pas de permis lorsqu’il a provoqué ce week-end un dramatique accident menant à la mort de Pauline Marceddu, 23 ans. La jeune fille originaire de Sambreville se trouvait à bord d’une Citroën Picasso avec sa famille lorsque le véhicule conduit par Emre est soudainement venu les percuter. Un feu rouge brûlé expliquerait la collision. Mais cela reste à définir avec certitude.

À bord de la voiture familiale se trouvaient également deux enfants, un de 4 et un de 8 ans. Ce dernier était toujours dans un état critique ce dimanche. (voir détails ci-contre)

Le chauffard, lui, a été libéré après une dizaine d’heures, samedi vers midi. Nous avons pu le retrouver chez son frère, propriétaire d’un snack très connu à Tamines. Emre y passait d’ailleurs la plupart de son temps, jusqu’à ce week-end. Le snack a d’ailleurs temporairement été fermé ce dimanche, dans l’attente d’un retour au calme, nous confie la propriétaire des lieux, se présentant comme "la maman de substitution" du jeune chauffard. Une famille qui connaissait d’ailleurs bien la victime, Pauline, et son petit ami. "Elle était à l’école avec mon mari. Avec son petit ami, elle venait souvent manger au snack. Nous avons beaucoup de proches en commun. Et c’est très, très dur à vivre comme situation. Ce dimanche, nous avons vu de nombreux commentaires de personnes qui menaçaient de brûler notre établissement. Nous restons calmes car nous comprenons la colère mais nous n’y pouvons strictement rien. Nous attendons d’ailleurs un peu pour présenter nos condoléances à la famille", précise la jeune femme dont le mari a également été retenu au commissariat jusque samedi midi. Il est le propriétaire du véhicule conduit par le chauffard au moment du drame mais n’est nullement impliqué dans l’accident.

Emre, lui, se dit bouleversé. Il ne veut pas pour autant jouer les victimes, loin de là. "Je suis encore sous le choc. Je connaissais la fille, nous venons du même village. J’ai des images qui défilent depuis samedi. Je souffre de blessures mais je ne veux surtout pas me rendre à l’hôpital, par respect pour les victimes, pour ne pas croiser les proches", nous confie Emre. Le jeune homme à la voix d’un petit gamin dit vouloir entreprendre des démarches envers la famille touchée par l’accident. "Je compte m’excuser, c’est évident. Mais pas maintenant. Je tiens également plus que tout à faire ce qui est nécessaire pour les aider, je veux être là pour eux", affirme le jeune de 19 ans qui ne veut plus toucher un volant. "Même monter dans une voiture comme passager, j’en serais incapable. Pour l’instant, je ne sors pas de la maison. J’ai supprimé mon compte Facebook aussi car je reçois un tas d’insultes et de menaces. Et ce qui me fait le plus mal, c’est lorsqu’on me traite d’assassin. Je n’en suis pas un" s’exclame Emre, convaincu d’avoir passé, cette nuit-là, le feu… au vert. Le rapport d’un expert est attendu sur ce dernier point.

Emre n’en reste pas moins poursuivi pour homicide involontaire. Il devra s’expliquer, le moment venu, devant le tribunal de police.


Week-end et jeunes conducteurs ne font pas bon ménage

L’usage de son téléphone multiplie par 23 le risque d’accident. Or, un jeune sur cinq avoue utiliser son téléphone à chaque trajet

Trois accidents dramatiques impliquant un jeune ont eu lieu sur les routes du pays ce week-end. Trois personnes sont décédées dans la nuit de samedi à dimanche dans une collision frontale à Itegem (Heist-op-den-Berg, province d’Anvers), a indiqué la section malinoise du parquet d’Anvers.

Deux autres victimes ont été grièvement blessées. L’accident impliquait deux voitures. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des deux conducteurs qui était seul dans sa voiture, un jeune de 20 ans originaire de Berlaar, aurait perdu le contrôle de son véhicule qui roulait à grande vitesse et n’aurait pas pu éviter l’autre voiture qui arrivait en sens inverse. Il n’a pas encore été déterminé si le conducteur qui est décédé était sous l’influence de l’alcool.

Les jeunes conducteurs représentent une population particulièrement à risque. Surtout le week-end. En effet, en 2015, le nombre de jeunes entre 18 et 30 ans à avoir perdu la vie en semaine s’élevait à 77, soit un peu plus d’une victime sur 6 dans notre pays.

Par contre, cette proportion passe à plus du tiers quand il s’agit des accidents mortels du week-end. Sur les 278 personnes décédées à cause d’un accident survenu le week-end, 96 avaient entre 18 et 29 ans. L’alcool et la vitesse s’ajoutent au manque d’expérience.

Un fait nouveau vient encore augmenter le risque des benjamins au volant : le smartphone. En effet, un jeune sur cinq utilise son smartphone au volant lors de chaque trajet. L’usage de son téléphone multiplie par 23 le risque d’accident, rappelait l’IBSR, Base et Télénet dans leur dernière campagne.

2015 avait pourtant enregistré des résultats plutôt encourageants concernant les jeunes. Parmi les tendances positives du baromètre de l’IBSR, le nombre d’accidents corporels impliquant de jeunes automobilistes (18-24 ans) a diminué de 4,5 %, atteignant ainsi un record à la baisse. Mais cette diminution a essentiellement été enregistrée les nuits de semaine (10,9 %).


Le petit Hugo se bat pour rester en vie

La perte d’un enfant est déjà difficile, mais lorsque la famille de son autre fille est aussi hospitalisée, dur de ne pas craquer

À Lodelinsart, Hugo, âgé de huit ans, est toujours dans un état "entre la vie et la mort". Cependant, il est important de préciser que contrairement à ce qui a pu être dit sur les réseaux sociaux, Hugo est toujours en vie.

Son petit frère, Gianni, âgé de quatre ans, a survécu à l’accident grâce à son siège enfant, mais reste évidemment traumatisé par les événements. Du côté des adultes, Vincent, le beau-frère de Pauline et père de Gianni et Hugo, est toujours hospitalisé à Auvelais et son état serait stable.

Enfin, Edith Marceddu, la sœur de Pauline, est dans un état de choc et serait dans un hôpital carolo. Accueillis dans plusieurs hôpitaux de la région, les parents font des allers-retours entre les services de soins et le funérarium. Le drame survenu la nuit de samedi à dimanche a plongé la famille dans un état de choc.

Les Marceddu sont bien connus à Tamines, et nombreuses sont les personnes à venir rendre hommage à Pauline au funérarium. La jeune fille travaillait à la boucherie Renmans et était récemment fiancée. Elle a perdu la vie dans un accident la nuit de samedi à dimanche.

Les funérailles de Pauline seront célébrées à l’église Saint-Martin de Tamines, le vendredi 5 août à 10h. En attendant, elle repose au Centre funéraire Moraux où des visites sont possibles entre 17h et 20h.