Faits divers

Michel Goovaerts, le chef de corps de la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles, a déploré, vendredi soir, "la lecture unilatérale", par le ministre de l'Intérieur, du rapport de l'Inspection générale de la police. 

"Nous sommes étonnés et nous avons l'impression d'avoir reçu un autre rapport. Nous regrettons cette lecture unilatérale où seuls les points négatifs ont été soulignés", a-t-il indiqué au nom des autres chefs de corps bruxellois et du bourgmestre de la Ville, Philippe Close (PS).

Selon Jan Jambon (N-VA), la police de la zone n'était pas préparée à faire face aux émeutes qui ont éclaté samedi passé dans le centre de Bruxelles après la qualification pour le Mondial 2018 de l'équipe du Maroc.

"Nous avons un peloton qui est prêt à intervenir, 24h/24 et 7 jours sur 7, tant pour les manifestations que pour des débuts d'émeutes. Nous formons des gens expressément à cet effet et nous sommes la seule zone du pays à le faire. Mais le ministre n'y attache aucune importance", a poursuivi Michel Goovaerts selon qui, par ailleurs, c'est toujours un officier de la police administrative qui dirige cette unité.

Quant au manque de communication à propos des émeutes, il ne s'agit pas d'un problème propre à la zone de police de Bruxelles Capitale-Ixelles, aucune autre zone n'ayant tiré la sonnette d'alarme, a-t-il ajouté.

La police bruxelloise, accusée d'être intervenue trop tardivement, a fait l'objet de nombreux commentaires tant de la part du monde politique que des citoyens de la capitale. "C'est une évaluation opérationnelle que l'on fait en fonction des opportunités et des capacités dont l'on dispose. Le ministre va trop vite en affirmant qu'on peut intervenir en toutes circonstances", a expliqué à ce propos Michel Goovaerts.

Ce dernier est également revenu sur la mauvaise utilisation des renforts, pointée par le rapport de l'Inspection générale. S'il est vrai que ces renforts n'ont que peu été utilisés pendant les émeutes, ils ont ensuite patrouillé dans les rues de la capitale. Les policiers anversois, eux, "ont été envoyés par la police fédérale. C'est un réflexe de solidarité entre les zones de police, que les hommes viennent de Flandre, de Wallonie ou de Bruxelles. S'il y avait un problème à Anvers, nous nous y rendrions également", a encore assuré le chef de corps bruxellois.

Le fait que les policiers de la zone Midi ne soient pas intervenus s'explique pour sa part par les incidents qui se déroulaient sur leur propre territoire et par la difficulté à atteindre, de leur position, les magasins pillés et les voitures incendiées, a-t-il affirmé.

Enfin, les informations venant des réseaux sociaux ont effectivement été trop peu utilisées, a reconnu Michel Goovaerts. Mais la police bruxelloise n'en a pas les moyens alors que la police fédérale, elle, aurait un rôle à jouer.