Faits divers La justice a condamné le cafetier à 1 an de prison et 16.500 euros d’amende pour comportement asocial.

Environ 10.000 cafés possèdent une licence d’exploitation de jeux. Dont plus de 1.300 dans la seule région bruxelloise. À côté des cafetiers qui se conforment à la loi sur les jeux de hasard, un certain nombre méconnaissent celle-ci. Et c’est l’un de ces derniers, situé à Schaerbeek, un Bruxellois d’origine turque âgé de 49 ans, qui a comparu devant la cour d’appel.

Motifs ? Avoir exploité un établissement où sont organisées, en partie par lui, des parties de barbouth (une variante du craps se jouant à l’aide de deux dés) et de rami-pocker, qui se joue avec deux jeux de 52 cartes plus deux jokers. Le premier juge l’avait condamné à 24.000 euros. L’homme considérait que c’était beaucoup. La cour d’appel lui a donné raison.

L’établissement a connu successivement plusieurs gérants déclarés ou pas, de sorte qu’il n’a pas été aisé de déterminer qui en était le patron à tel moment précis. Ce n’est pas faute d’y avoir effectué de nombreux contrôles - cinq successifs; lesquels ont montré que de l’argent y était en circulation et que l’établissement percevait de chaque joueur 5 euros de droit de table toutes les 20 minutes.

Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, la cour d’appel n’a pas manqué de relever que le patron du café, officiellement au chômage, roulait en BMW.

Difficile à expliquer l’achat d’un véhicule de la marque bavaroise quand l’on perçoit officiellement 500 euros par mois d’allocations de chômage et que sa femme, qui dépend de la mutuelle, perçoit 350 euros d’aide sociale.

Il ne faut pas sous-estimer cette loi sur les jeux de hasard. Le cafetier schaerbeekois a d’abord eu droit à un savon sévère. La cour a qualifié son comportement - poussser des joueurs au jeu - de "grave "et" asocial" car provoquant un "trouble social", et lui a infligé 1 an d’emprisonnement.

Sévère en parole, la cour d’appel a fait montre d’une bienveillante compréhension en réduisant l’amende à 16.500 euros, argent confisqué sur les tables compris.

Quatre enfants à charge et la volonté de se lancer dans d’autres activités, légales celles-là : la cour d’appel n’a pas voulu casser le bonhomme et en a tenu compte pour assortir la peine de prison d’un sursis complet.

Le chômeur en BMW avait raison de faire appel : il échappe ainsi à l’incarcération.