Le drone s'est crashé

Mathieu Ladevèze et Gilbert Dupont Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Très sensible aux vents des buildings, l'appareil actuellement testé par la police de Schaerbeek, s'est crashé à Peutie...

SCHAERBEEK Selon nos infos, la police bruxelloise de la zone BruNo (Bruxelles Nord), qui teste depuis cette année, à des fins d'observation et de photos aériennes, un engin volant miniaturisé et téléguidé, a malencontreusement perdu l'appareil, sorte de mini-hélicoptère équipé sur le ventre d'une caméra orientable, lors d'essais en vol effectués à Peutie (Brabant flamand).

Le drone, de fabrication belge, est momentanément inutilisable. La police tire une leçon de l'utilisation de ce matériel volant sans pilote. En milieu urbain, le microdrone se révèle extrêmement sensible aux corridors de vents, capricieux et parfois très violents, qu'y crèe la présence de buildings élevés. Sur peu, les conditions de vol peuvent changer du tout au tout, et rendre le maniement délicat.

Le crash a détruit deux des quatre éléments de propulsion. Mais rien n'est irréparable et les bras cassés seront remplacés sans doute encore avant la fin de l'année. À ce stade, la police de la zone BruNo (Schaerbeek, Evere, Saint-Josse) reste la seule en Belgique à tester le drone fabriqué à Lokeren par la Division Orbit Geospatial Technologies d'Eurotronics. C'est à l'honneur du chef de zone, David Yansenne, d'encourager les projets futuristes bien que déjà utilisés à l'étranger, comme à Los Angeles ou en France, en Seine-Saint-Denis.

Fin juin, la police bruxelloise révélait qu'elle testait discrètement depuis déjà plusieurs semaines un appareil sans pilote pouvant capter des images en vol et les envoyer instantanément au sol sur un ordinateur portable voire dans des paires de lunettes spéciales portées par les policiers. L'avantage du drone, c'est la maniabilité (l'opérateur peut se trouver jusqu'à 500 mètres de l'appareil), le coût d'exploitation limité (l'appareil ne coûterait que de l'ordre de 25.000 euros) et principalement, affirme la zone de police, sa discrétion : l'UAV (unmanned aerial vehicle) d'Electronics vole de jour comme de nuit en émettant à peine 65 décibels.

Dimanche, deux des trois bourgmestres intéressés par l'expérience, ignoraient que le drone testé depuis février à Schaerbeek s'était planté, il est vrai assez loin de Bruxelles. L'accident ne remet pas en cause le programme qui n'est pas du tout abandonné et que la zone de police, malgré ce contretemps, a bien l'intention de poursuivre.



© La Dernière Heure 2007
Mathieu Ladevèze et Gilbert Dupont