Faits divers

Les médias s'arrachent le faux prince arabe. Emission sur TF1, casting chez Endemol...

BRUXELLES Un tourbillon médiatique s'abat sur Abdelkarim Serhani, cet Ixellois de 25 ans qui, pour imiter Eddie Murphy, s'est fait passer pendant six jours pour un faux prince arabe avec palace et limousine, chauffeur et garde du corps, discothèque, Ferrari et jolies filles. L'histoire a déjà franchi la frontière belge : vendredi, le faux prince était convoqué à Paris par Endemol, le groupe de production télévisuelle, qui lui proposait de passer un... casting.

Ce casting a été réalisé par Eric et Ramzi, le duo d'humoristes. Le verdict est tombé samedi à 11 h 23, via un SMS de Melkiproduction : "Bjr Abdelkarim, suite à notre entretien d'hier, il s'avère que pour nous, tu es un acteur-né".

On se l'arrache : car entre-temps, le faux prince arabe de Belgique est aussi invité, déjà dans dix jours, sur un prochain enregistrement de Cauet.

L'intéressé n'en revient pas. Mercredi 31 décembre, le faux prince qui se trouvait à Barcelone avait aussi été invité à rentrer d'urgence à Bruxelles, mais c'était pour se faire inculper par le juge d'instruction.

Rencontré hier à Bruxelles, Abdelkarim Serhani raconte son histoire, qui n'est pas marrante, d'enfant abandonné à l'âge de 6 ans. Elle commence par sa naissance, le 15 avril 1983, dans la banlieue de Tourcoing. Car Abdelkarim qui est Français, et même Cht'i, n'est à Bruxelles que pour parachever des études d'infirmier par un master à l'école de Santé publique de l'ULB.

Ses parents biologiques, Nouane et Amor, qu'il n'a jamais cherché à revoir, l'ont abandonné au pied d'une église. Un homme de cœur, connu en France, un prêtre des rues, aumônier des prisons, qui a créé l'association Réagir, Michel Delberghe, l'a recueilli et élevé. Abdelkarim le tient pour son vrai père.

L'audace , la tchatche , ce sens inné du gag, lui sont-ils venus par réaction ? Avant ses études d'infirmier - entamées à Mons, poursuivies à Bruxelles - le faux prince, diplômes à l'appui, raconte qu'il a failli se laisser tenter par la police. Entré en 2002 dans une école d'élèves-officiers de la gendarmerie nationale, il en est sorti officier de police judiciaire.

Serhani a rendez-vous mercredi chez Endemol.



© La Dernière Heure 2009