Faits divers Le commissaire Gérard Seront (ex PJ Bruxelles) échapperait aux assises

BRUXELLES Le parquet bruxellois renonce à demander le renvoi aux assises du commissaire Seront pour complicité d'enlèvement et d'assassinat.

Le 20 mai 2000, un libraire, Bouchaïb Ibork, 29 ans, était enlevé à Schaerbeek. Une rançon - 2,5 millions - était réclamée à la famille.

Quatre jours plus tard, le corps était trouvé à Herstal. Sans vie.

Auteurs présumés: Chams Djerridi, Gisèle F. (sa maîtresse) et René D. (le mari). Mais l'enquête allait rebondir de façon effrayante en établissant que Djerridi la balance était l'indic d'un des patrons de l'antigang de la PJ de Bruxelles.

Le commissaire Gérard Gégé Seront y dirigeait le SIC, Service d'Information Criminelle chargé de traiter les informateurs. Seront fut perquisitionné, arrêté, incarcéré et mis au secret à Nivelles puis libéré après trois mois. Il a toujours nié.

Un dossier séparé - traité par le juge P. Collignon - a été ouvert pour violation de secret professionnel. L'affaire embarrasse - et le mot est faible - le milieu policier et judiciaire bruxellois tant la personnalité forte du commissaire Seront y fut déterminante du début à la fin des années 1990.

Peut-on imaginer que des informations confidentielles aient filtré vers le milieu criminel - notamment des braqueurs de fourgons -, aient permis à des truands de poursuivre en paix leur business, aient faussé des dossiers et aient fait condamner des innocents... voire pire?

Cela fait deux ans en tout cas que Seront est suspendu.

L'heure de décider arrive : ce sera demain en chambre du conseil.

Selon nos sources - confirmées - le parquet demandera le renvoi de Djerridi aux assises pour l'assassinat de Bouchaïb Ibork et le renvoi en correctionnelle de Seront pour violation de secret professionnel.

© La Dernière Heure 2002