Faits divers Le contenu du coffre contre la vie de trois membres de sa famille

ARLON Pour les autorités judiciaires, pas de doute: le hold-up, un week-end de carnaval, ce n'est pas un hasard. D'ailleurs, les truands ont troqué les habituelles cagoules contre des masques et des perruques bariolées. Quelle que soit l'heure d'opérer, ainsi affublés, ils pouvaient passer inaperçus. Les opérations ont commencé dès le vendredi soir. Vers 19 h 30, un homme, dont on a pu esquisser un portrait-robot, a frappé à la porte de Michel Mannart, adjoint à la direction de l'agence Dexia, située au centre d'Arlon. Ce week-end, M. Mannart, comme le savent les truands, remplace le directeur, M. Henrion, parti à l'étranger. L'intrus parle d'un accident de voiture pour distraire M. Mannart, qui habite dans la localité de Fouches, aux portes du chef-lieu. Un groupe masqué fait alors irruption dans la maison. Une partie du commando ligote, sous la menace d'armes, l'épouse, l'enfant et la belle-mère de l'employé de banque. Les malfrats engouffrent les otages dans une camionnette volée. Celle-ci s'évanouit dans la nature. Pendant ce temps, M. Mannard est également maîtrisé. Il passe la nuit chez lui, en présence de 3 hommes qui le tiennent sans cesse en respect.

Nouvelle étape, samedi matin. Les gangsters amènent l'employé, dès 7 h 30, sans doute à bord d'une BMW que l'on a retrouvée à deux pas de la banque. M. Mannard dispose des clés des coffres. Mais il doit avoir l'appui d'autres employés, que les truands attendent. Les premiers employés de même qu'un gamin qui accompagne son père sont alors saisis, bâillonnés, ligotés. Les malfrats se font remettre une somme de 3,5 millions, selon les autorités judiciaires conduites par le procureur Militis. Puis ils disparaissent sans laisser de traces. Ils courent toujours. Vers 10 heures, une employée parvient à donner l'alerte et à libérer tout le monde.

A ce moment-là, on ignore encore ce que sont devenus les 3 otages. Ils feront leur apparition samedi, vers 14 h, dans le magasin Brico, à Anderlecht. Les ravisseurs les ont abandonnés à proximité, la veille. Ils les avaient préalablement endormis. Les otages ont rejoint M. Mannard, à l'aide d'un hélicoptère. ` Ils font preuve de beaucoup de courage, dit le procureur. A mon avis, ils ont besoin de repos pour se remettre.´ Forcément, les enquêteurs imaginent une complicité intérieure à la banque. Pas à exclure non plus, le rapprochement avec un hold-up réalisé selon le même modus operandi, au centre du pays, en 1999. Les enquêteurs refusent d'apporter des renseignements sur les agresseurs (langue, accent).