Faits divers Un piquet de grève sera installé devant le laboratoire bruxellois ce jeudi.

L‘inquiétude règne au sein du laboratoire de police technique et scientifique de Bruxelles. Le personnel craint le nouveau changement d’horaire. Le syndicat Sypol a décidé de déposer un préavis de grève depuis ce mardi qui s’étend jusqu’au 15 juin. Un piquet sera installé ce jeudi devant les locaux du laboratoire.

Ce jour de grève entraînera un arrêt de travail complet pour le personnel. Le laboratoire n’interviendra donc pas ce jour-là alors qu’il est appelé chaque jour une trentaine de fois pour des scènes de meurtres ou de vols à main armée par exemple. "On n’a pas eu de demande concernant un service minimum donc, a priori, on ne bougera pas. Ils feront peut-être appel à un autre laboratoire sur la quinzaine existant aujourd’hui", relate Alexandre Rolot, administrateur du Sypol.

Une trentaine de personnes sont concernées par ce changement d’horaire. L’objectif de la modification est de quadrupler le nombre de garde selon le syndicat de police Sypol qui craint pour la qualité du travail : "Cela signifie clairement que l’on nous laisse moins de temps pour analyser les objets et pour rédiger les procès-verbaux et faire le suivi. On craint pour la qualité du travail. Il est important de rappeler aussi qu’un travail de garde est totalement différent de celui de bureau."

Cette modification des horaires entraînera le départ certain de plusieurs membres du personnel selon Sypol. Le syndicat déplore déjà la perte de plusieurs éléments à cause d’un manque de communication. "Bon nombre des membres du personnel ont déjà quitté le laboratoire pour un manque de communication. D’autres projettent de partir pour des terres plus accueillantes. Cette nouvelle mesure va faire fuir le personnel dans d’autres services grâce à la mobilité interne", développe Alexandre Rolot.

Des départs qu’il sera difficile de compenser selon le syndicat. Un élément s’ajoute à la crainte des horaires trop lourds pour Sypol. "Une personne externe doit réaliser 18 mois de cours avant de pouvoir prétendre à entrer à la police judiciaire fédérale. S’ensuivent alors quatre mois de formation et il faut encore un semestre pour être formé au labo. Cela démontre bien la complexité pour remplacer rapidement les partants. Dernièrement, trois membres de chez nous sont partis car ils en avaient assez. On a perdu nonante ans d’expérience cumulée dans le domaine."