Faits divers

Une note dénonce “une ambiance conflictuelle” dans une unité de la pol fed

BRUXELLES Depuis les élections, une unité essentielle de la police fédérale, forte de 350 hommes et basée à Etterbeek, est traversée par les tensions linguistiques au point que son commissaire, Bart Raeymaekers, a dû mettre le personnel en garde.

Sa note de service, que la DH a pu se procurer, dénonce au sein de l’unité “une ambiance conflictuelle entre néerlandophones et francophones” et des “comportements entre collègues” qu’il n’hésite pas à qualifier d’“inacceptables.”

Quinze mois après, la situation, loin de s’améliorer, a continué de se dégrader. Des policiers francophones décrivent les affronts endurés au quotidien avec des collègues flamands lesquels ne cachent plus leurs convictions. Nous publions des photos.

Caserné à Etterbeek, le GIS ou Service des Interventions Spécialisées de la police fédérale est susceptible d’intervenir à tout moment partout dans le pays.

C’est l’ancienne Légion mobile. À l’instar des CRS en France, le GIS intervient sur les maintiens de l’ordre, manifestations, matchs de football, etc. “Avec des policiers fiers d’accrocher le Vlaamse Leeuw dans les vestiaires de leurs casernes, imaginez-les en intervention contre les supporters du Standard”.

Composé à 40 % de néerlandophones et 60 % de francophones, le GIS est dirigé par le commissaire Bart Raeymaekers, un Anversois. Sa note de service : "Communication-mededeling : Laat ons leren om samen te werken – Apprenons à travailler ensemble” est datée du 28 mai 2010, au plus fort de la campagne d’avant le dernier scrutin.

À dix jours des élections, le commissaire a dû annoncer qu’“il ne sera plus toléré" que “des collègues soient traités de manière irrespectueuse”. Il demandait à chaque policier de “faire un effort d’intégration, de collégialité et de compréhension envers les collègues d’un autre rôle linguistique”.

Raeymaekers attendait de chacun “un comportement exemplaire” et annonçait que “les membres du personnel qui présentent de tels comportements n‘ont pas leur place dans notre unité”.

Des photos prises au bloc L des casernes De Witte De Haelen à Etterbeek, vestiaires 54 et 89 montrent ce qu’il en est : des rangées de casiers sur lesquels des policiers flamands affichent leur flamingantisme quand ce n’est pas carrément le drapeau.

Des policiers francophones ont protesté auprès de la hiérarchie. Avec pour résultat, nous disent-ils : encore davantage de missions désagréables dévolues aux policiers francophones tandis que les belles missions permettant d’accumuler les heures supplémentaires surpayées vont encore plus systématiquement aux collègues néerlandophones.



© La Dernière Heure 2011