Faits divers Condamné à 30 ans de réclusion, il a participé au passage à tabac d’un autre détenu.

En mars 2010, on avait beaucoup parlé du braquage d’une bijouterie de la rue Vanderkindere, à Uccle : les deux voleurs, pour prendre la fuite, ont voulu car-jacker une automobiliste qui passait par là. Un des deux bandits, Hicham El Gaabouri, sans antécédents judiciaires et travaillant à l’époque comme agent de prévention à la Stib, a tiré. Frédérique Levêque, la conductrice qui était mère de trois enfants, a reçu une balle en pleine tête. Elle est décédée pratiquement sur le coup.

Pour ces faits, l’homme a écopé de 30 ans de réclusion, en 2012, infligés par la cour d’assises de Bruxelles-Capitale. Une peine qu’il purge encore actuellement mais hier, il se retrouvait sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel du Brabant wallon. El Gaabouri a en effet pris part à une bagarre qui s’est déroulée dans le préau de la prison d’Ittre, le 5 novembre 2016.

En réalité, il faisait partie d’un groupe de trois détenus qui s’en sont pris à coups de pied et à coups de poing à un autre prisonnier, le célèbre braqueur Claude Silverans, lorsqu’ils se sont retrouvés face à face en "tournant" dans le préau. "C’est parce qu’il avait une arme, a expliqué le prévenu à la présidente. Au départ, je voulais simplement séparer ceux qui se battaient. Mais j’ai été menacé avec l’arme. Je regrette que cela en soit arrivé à ce point."

L’arme en question était une chaussette dans laquelle avait été glissé un objet contondant. Une bouteille d’after-shave, d’après des témoins. La victime, qui connaissait quelques problèmes avec ses codétenus - après un reportage TV où il s’en prenait aux détenus radicalisés - l’avait glissée dans son slip au cas où il ferait l’objet d’une agression au préau… Ce qui ne l’a pas empêché d’essuyer une sacrée raclée.

Le médecin de la prison a relevé des plaies au visage, aux mains, aux genoux, et des coups qui ont entraîné une désorientation et une amnésie partielle.

Du côté du ministère public, on conteste la version du prévenu. Les images de caméras de surveillance ne montrent pas El Gaabouri en train de se défendre, mais plutôt de participer à un véritable passage à tabac de la victime en compagnie de deux autres détenus. Ces derniers, cités également mercredi devant le tribunal correctionnel, ont choisi de faire défaut.

Une peine d’un an de prison ferme a été requise contre le trio. Et six mois d’emprisonnement à l’encontre de la victime, pour "port d’une arme prohibée"… Le tribunal rendra son jugement le 8 novembre.