Le meurtrier du superviseur de la Stib déjà libre !

Gilbert Dupont Publié le - Mis à jour le

Exclusif
Faits divers

La mort à Laeken de M. Ilias Tahiraj, le 7 avril, avait provoqué une longue grève

BRUXELLES Selon nos infos, la juge d’instruction de Bruxelles, Mme Berta Bernardo-Mendez, a ordonné, par mainlevée du mandat d’arrêt, la remise en liberté d’Alexandre V., qui avait été arrêté le 7 avril, et inculpé de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.

La mort à Laeken, le même jour, de M. Ilias Tahiraj, superviseur à la Stib, avait provoqué la plus longue grève depuis des lustres dans les transports en commun bruxellois : six jours.

Alexandre V. a été détenu 45 jours. Cette libération après 45 jours d’un drame violent lors duquel un agent de la Stib a trouvé la mort par violence est visiblement sensible.

Hier, Jean-Marc Meilleur, le porte-parole du parquet, n’a pas voulu confirmer, attendant d’en avoir d’abord devisé avec la juge d’instruction en charge. Même silence radio chez l’avocat Laurent Kennes. Alexandre, qui a toujours nié l’intention homicide, devait comparaître le 25 mai devant la chambre des mises en accusation.

Dans l’après-midi, l’avocate générale Liliane Briers, porte-parole du parquet général de Bruxelles, pouvait nous confirmer que, le 25 mai, Alexandre n’avait pas comparu comme prévu devant la chambre des mises en accusation. Pour la bonne raison, selon nos infos cette fois, qu’Alexandre avait déjà été libéré le mardi 22 mai.

Cette remise en liberté fut entourée d’une discrétion de type secret d’État. Le Bruxellois de 28 ans sera donc bien resté détenu au total 45 jours. Il avait déclaré qu’il renonçait à demander sa remise en liberté le jour des funérailles de sa victime, “par respect pour elle et sa famille”.

Avocats de celles-ci, Mes Nathalie Buisseret et Sven Mary avaient pour leur part déposé plainte et s’étaient constitués partie civile en demandant que les faits de “coups et blessures ” soient requalifiés en “meurtre”.

La juge d’instruction, la seule à posséder tous les éléments du dossier, a donc ordonné d’initiative la remise en liberté d’Alexandre V. La décision n’est jamais prise sans l’accord du parquet.


Des conditions accompagnent certainement cette remise en liberté: répondre aux convocations, éviter tout contact avec les parties en cause, chercher du travail. Alexandre V. reste inculpé.

À ce stade, il est présumé innocent.



© La Dernière Heure 2012
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