Faits divers

Les proches de Juvénal Uwilingiyimana, disparu à Bruxelles depuis le 21 novembre, attendent les résultats de l'autopsie

BRUXELLES Un cadavre, dont la couleur de peau est compatible avec celle de l'ancien ministre rwandais, M. Juvénal Uwilingiyimana, disparu à Bruxelles depuis le mois passé, a été repêché samedi à Bruxelles dans le canal de Charleroi, à hauteur de la place Sainctelette. Sortie de l'eau par les pompiers, la dépouille est restée exposée jusqu'en fin d'après-midi place Sainctelette, protégée, par une bâche, des regards des curieux. Une équipe de la Crime de la police fédérale est intervenue. L'état avancé de décomposition trahissait un long séjour. Un corps d'adulte si abîmé qu'il n'était pas possible d'en déterminer ne fût-ce que le sexe.

Sur place déjà, des policiers rappelaient la disparition depuis le 21 novembre à Bruxelles de l'ancien ministre rwandais de l'Économie et de la Consommation. Uwilingiyimana vivait rue Moretus, qui n'est pas loin du canal de Charleroi mais une écluse plus haut. Dimanche soir, aucun élément ne permet pourtant d'affirmer que le corps est celui de l'ancien ministre qui dirigea les grands parcs nationaux rwandais de 1990 jusqu'en avril 1994.

Le Rwandais a disparu le lundi 21 après 5 h du matin. L'avant-veille, le samedi soir, il a marché seul le long du canal, dans la direction d'Anderlecht où sa famille l'a finalement retrouvé à 2 h du matin. Depuis l'été, Juvénal Uwilingiyimana était accusé au Rwanda d'avoir eu un rôle dans le massacre de 4.200 Rwandais. Il niait cependant. Mais le Tribunal pénal international avait envoyé une équipe spéciale d'enquêteurs. L'ancien ministre qui se plaignait de pressions avait refusé de continuer de collaborer. On cherchait, disait-il, à lui faire signer n'importe quoi.

Jeudi passé, la famille, soupçonnée - à tort, selon elle - de savoir où se cache Juvénal, a subi pas moins de cinq perquisitions destinées à faire la lumière. L'affaire est à l'instruction chez la juge Mme Verstreken. Hier dimanche, l'équipe chargée de l'enquête ne pouvait rien apprendre de plus à la famille, sinon que le corps repêché samedi semblait dévêtu, ce qui serait curieux.

L'autopsie devrait avoir lieu ce lundi. Il s'agira tout autant d'identifier la dépouille que de déterminer la ou les causes exactes du décès. Compatible avec la couleur de peau de M. Uwilingiyimana, celle du cadavre repêché place Sainctelette est un élément signifiant mais insuffisant.

© La Dernière Heure 2005