Faits divers Le papa de Nawal Ben Hamou (PS) et ses complices ont été arrêtés en possession d’une vingtaine de kilos de haschisch.

Tout a été mis en œuvre ces deux dernières semaines pour tenter d’étouffer l’affaire. C’est qu’elle est effectivement assez embarrassante pour la députée fédérale Nawal Ben Hamou (PS). Le domicile de ses parents - où l’étoile montante du Parti socialiste résidait jusqu’il y a peu - a été perquisitionné pas plus tard que le 5 décembre. Et pour cause : le papa de la députée a été arrêté ce jour-là pour son implication dans un vaste trafic international de drogue. Mohamed Ben Hamou et ses quatre complices ont été placés sous mandat d’arrêt. Ils séjournent actuellement dans une prison bruxelloise.

Pas moins de 17 kilos de haschisch en provenance directe du Maroc ainsi qu’une importante somme d’argent ont été retrouvés chez l’un des suspects qui n’est autre que le collègue de Mohamed Ben Hamou. Ensemble, les deux hommes travaillaient dans une usine fabriquant de la gélatine à Vilvorde. Le cousin de la députée socialiste fait également partie de la bande interpellée. Il est défendu par l’avocat Olivier Martins. Il nie les faits qui lui sont reprochés. Le collègue de Mohamed Ben Hamou, défendu par Daniel Spreutels, déclare pour sa part avoir simplement exécuté l’ordre qui lui a été donné de stocker la marchandise chez lui.

Dès le départ, Mohamed Ben Hamou a été considéré comme le cerveau de cette association de trafiquants de drogue. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir aussi bien géré l’importation du haschisch depuis Maroc que sa revente au plat pays. On lui reprocherait également d’avoir demandé à son collègue de stocker la drogue. Hier soir, son avocate, Nathalie Gallant, nous affirmait que rien n’avait été retrouvé chez Mohamed Ben Hamou : "Les enquêteurs n’ont pas retrouvé le moindre gramme de cannabis, ni le moindre euro non justifié chez mon client."

Plusieurs proches de Mohamed Ben Hamou nous ont contactés nous affirmant que le trafiquant de drogue se disait "protégé puisque sa fille avait désormais le bras long". Mais voilà, l’instruction judiciaire sur cette organisation criminelle, qui aurait commencé en pleine période électorale sur base d’écoutes téléphoniques, a malheureusement pour lui porté ses fruits.

Renseignements pris auprès du parquet de Bruxelles, on nous confirme les éléments suivants : "Dans le cadre de ce dossier, quatre personnes ont été arrêtées et placées sous mandat d’arrêt le 5 décembre 2014 du chef d’importation de stupéfiants et de vente en association. Les mandats d’arrêt de ces personnes ont été confirmés par la chambre du conseil le 10 décembre. Ce mardi, un cinquième suspect a été placé sous mandat d’arrêt."

Nawal Ben Hamou, dont le visage était parfaitement méconnu avant le mois de mai dernier, a véritablement créé la surprise en réalisant pas moins de 6.880 voix sur la liste PS à la Chambre à Bruxelles. Elle est depuis, l’une des figures socialistes les plus en vue. Son physique n’est pas passé inaperçu à la Chambre et lui a valu quelques remarques qu’elle a jugées sexistes. Elle est notamment connue pour ses nombreuses prises de position en faveur des policiers, elle qui a débuté sa carrière au sein d’un commissariat bruxellois.

Récemment, Nawal Ben Hamou aurait entrepris des démarches pour quitter le domicile familial où la perquisition a été menée par la police judiciaire. Elle désirait prendre un nouvel envol, elle qui vient d’officialiser son idylle avec un policier spécialisé dans la lutte contre le trafic de drogue.

Hier soir, l’avocat de la jeune socialiste, Marc Uyttendaele, a tenu à nous préciser à cet égard que sa "cliente n’était plus domiciliée chez ses parents au moment où la perquisition a eu lieu".

Nawal Ben Hamou réagit: "Une épreuve douloureuse"

Sur son mur Facebook, Nawal Ben Hamou a donné sa réaction. 

"J’ai pris connaissance de l’article publié ce matin par la Dernière Heure, rendant publique l’arrestation de mon père dans le cadre d’un trafic de drogue. Son arrestation est pour moi une épreuve immensément douloureuse. J’ignore tout du contenu du dossier et des raisons pour lesquelles il est mis en cause. J’espère, évidemment, de toutes mes forces qu’il s’agit d’une accusation injuste et qu’il pourra faire éclater son innocence. Par contre, je suis profondément dégoûtée par les amalgames figurant dans cet article. D’une part, personne, et assurément pas moi, n’a essayé d’étouffer l’affaire. En Belgique, les instructions pénales sont, en principe, secrètes, mais rien n’interdit pour autant à la presse d’en faire état. L’article de ce jour en témoigne et démontre que nul n’a essayé d’étouffer l’affaire. D’autre part, il est insupportable que l’on puisse laisser croire que ma fonction de député crée une impunité quelconque pour les membres de ma famille. Je suis la première à attendre aujourd’hui que toute la clarté soit faite dans cette affaire. J’attends de tout un chacun – et en particulier des médias – que l’on respecte la souffrance qui est celle de ma famille et que l’on s’abstienne de faire des amalgames douteux entre une affaire qui concerne que mon père et l’action que je mène au nom de l’intérêt général en ma qualité de députée fédérale".