Le père de Sadia arrêté!

Philippe Boudart Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Le père de la jeune Pakistanaise a été arrêté hier soir

CHARLEROI Le père de la Sadia, la jeune Pakistanaise froidement abattue parce qu'elle refusait un mariage forcé, a été arrêté hier soir dans la région de Charleroi.

Pour mémoire, Sadia voulait vivre. Rien de plus. Mais sa famille en avait décidé autrement. Alors qu'elle terminait ses études de droit à Charleroi, les siens avaient déjà convenu d'un mariage arrangé avec un inconnu basé au Pakistan, leur pays d'origine. Sadia refusait ce mariage.

Elle était amoureuse d'un autre homme, ici, dans son vrai pays, en Belgique. Elle voulait faire sa vie avec lui, fonder une famille, avoir des enfants. Moussadar l'a donc tuée. Puis, il a pris la fuite. Il est en cavale. En Belgique. Ou ailleurs. Peut-être au Pakistan. Mais la police ne le trouve pas. Hier, le père du tueur et de la victime a donc été privé de liberté, selon des sources proches de l'enquête. Il est évident, même si cela n'est pas officiel, que cette démarche a pour but d'obliger Moussadar à se manifester. Il faut le faire sortir de son trou. La mort de Sadia a choqué l'opinion.

Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté dans Charleroi après le drame. Elles étaient près de 2.000 à avoir déambulé dans le centre-ville. Deux avocats bruxellois interviennent dans le dossier. Ils ne souhaitent pas communiquer pour l'instant. Contactés par nos soins, Mes Jean-Paul Dumont et Frédéric Clément de Cléty ont préféré ne pas faire de commentaire, considérant que la sérénité du dossier était primordiale pour permettre aux enquêteurs de faire du bon travail. Que reproche-t-on au père de Sadia, alors ? A-t-il oui ou non un lien direct avec le crime ?

C'est possible. Il a en tout cas participé au débat relatif au mariage forcé, c'est certain. A-t-il ensuite assuré la fuite de son fils pour qu'il puisse éviter aux autorités judiciaires ? Il est encore trop tôt pour l'affirmer. De toute évidence, le juge d'instruction aura beaucoup de questions à poser à l'intéressé ce matin. Ensuite, il sera décidé d'ordonner ou non son mandat d'arrêt. À suivre...



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