Le père de Younes condamné à 9 ans d'incarcération

Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Un jury populaire l'a reconnu coupable "de coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner"

BRUXELLES Au terme de dix jours de procès Mohamed Jratlou, 71 ans, a été condamné à 9 ans d'incarcération par la cour d'assises du Hainaut, présidée par Olivier Delmarche, pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort de son fils mineur, sans intention de la donner.

La dépouille de Younes, 4 ans, avait été retrouvée le 10 novembre 2009 dans les eaux de la Lys à Comines, quinze jours après sa disparition Les jurés ont retenu la gravité des faits, l'accusé n'ayant pas hésité à s'en prendre à son fils de 4 ans.

La personnalité de Mohamed Jratlou, qui n'apparaît pas apte à gérer les conflits, présente un risque de passage à l'acte et un danger pour la sécurité publique.

Le ministère public avait requis 12 ans

Le ministère public a requis une peine de douze ans minimum pour Mohamed Jratlou, 71 ans, reconnu coupable de coups et blessures ayant entraîné la mort d'un mineur par son père. La dépouille de Younes, 4 ans, avait été retrouvée le 10 novembre 2009 dans les eaux de la Lys à Comines, quinze jours après sa disparition.

Le procès de l'accusé touche à sa fin. L'arrêt déterminant sa peine sera rendu en fin de journée par la cour d'assises du Hainaut, présidée par Olivier Delmarche.

Après avoir rappelé que les circonstances atténuantes pouvaient descendre la peine jusqu'à six mois d'emprisonnement, l'avocat général, Ingrid Godart, a examiné deux points.

D'abord la gravité des faits commis. Une mort violente d'un bambin, traumatisé par la pluie de coups que sa mère avait subie et qui a trouvé la mort dans des circonstances épouvantables avant d'être jeté à l'eau comme un déchet, un objet encombrant pour mieux brouiller les pistes.

Ensuite la personnalité de l'accusé. En revenant sur l'ampleur de l'enquête, qualifiée de monumentale, suite aux déclarations de M. Jratlou qui donnait des versions plus farfelues les unes que les autres.

En se basant sur les expertises psychologiques et les témoignages des proches qui font état de violences graves, le ministère public a pointé le risque de passage à l'acte de l'accusé lorsqu'il vit une situation qui lui échappe. "En n'assumant pas ses responsabilités, en semant le doute, il a continué sciemment à tourmenter psychologiquement ses proches", a indiqué Ingrid Godart en demandant aux jurés, pour toutes ces raisons, de ne pas descendre en dessous d'une peine de douze ans de prison.

Pour la défense, si Mohamed Jratlou a nié les faits, c'est parce qu'ils lui sont intolérables. "Il s'agit d'un père au bord de la simplicité d'esprit que les experts psychiatres ont décrit comme présentant un délabrement intellectuel", a affirmé Me Xavier Magnée à propos de son client.

L'avocat a demandé aux jurés de ne pas établir une peine lourde en les incitant à réfléchir sur la punition de l'accusé qui n'était pas tant d'être incarcéré mais de regarder chaque jour la photo de son fils dont la mort involontaire est le résultat de violences commises par lui.

La cour et les jurés se sont retirés pour débattre de la peine. L'arrêt devrait être rendu en fin d'après-midi.

© La Dernière Heure 2012

Publicité clickBoxBanner