Faits divers

Les enquêteurs l'ont à nouveau entendu durant treize heures trente

CHARLEROI Le père Samuel était convoqué, ce lundi à 9 heures, à la police judiciaire fédérale de Charleroi. Les enquêteurs cherchent toujours à faire toute la clarté sur les comptes de l'ASBL Saint-André et Sainte-Rita, qui gère notamment l'église Saint-Antoine de Padoue de Montignies-sur-Sambre où réside le prêcheur. Un compte sur lequel est emmagasiné l'argent issu des dons et des collectes.

En novembre dernier , le père Samuel avait fait l'objet d'une salve de 17 perquisitions dans le cadre d'un dossier mis à l'instruction pour abus de confiance et détournements, des chefs d'inculpation pour lesquels il a d'ailleurs été inculpé, à l'instar de son trésorier, William Bernar.

Selon le parquet, des indices laissent penser qu'environ 500.000 euros issus des collectes n'auraient pas abouti sur le compte de l'ASBL. Des suspicions de blanchiment d'argent, via des immeubles achetés par les neveux du père Samuel sont en cours de vérifications. Mais pour l'heure, le prêcheur n'a fait l'objet d'aucune autre inculpation.

Ce lundi, les enquêteurs ont toutefois réentendu l'exorciseur de Montignies-sur-Sambre durant treize heures trente. Un interrogatoire interminable, au terme duquel les services d'un médecin ont été requis pour l'homme de 67 ans.

Pour Me Graindorge, l'un de ses avocats, ces procédés sont tout simplement "indignes" . Le conseil du père Samuel pense d'ailleurs à invoquer la nullité des poursuites et estime que sa présence ne peut lui être interdite lors de ce genre d'audition, comme le précise la cour européenne de Strasbourg. "D'autres personnes, dont des neveux du père Samuel, ont également fait l'objet d'interrogatoires orientés. À ma connaissance, ils n'ont pas été inculpés" , ajoute l'avocat.

La défense, qui s'est vue refuser l'accès au dossier par la juge d'instruction, plaidera ce vendredi devant la chambre des mises en accusation de Mons.



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