Faits divers Dans un speech de 25 minutes, il avait notamment crié ou "Jésus n’est pas un pédé, c’est un vrai homme"

Quelques jours après l’agression menée par une famille turque contre un couple homo à Schaerbeek, nous apprenons que l’homme qui avait prêché sa haine de l’homosexualité sur le piétonnier bruxellois au mois d’août de l’année passée a été condamné par le tribunal correctionnel de Bruxelles.

Verdict : une peine d’emprisonnement de deux mois et une amende de 2.000 euros. Le jugement est assorti d’une peine de sursis probatoire de trois ans.

Lors de ce speech à l’américaine long de près de 25 minutes et ponctués de "Yeah Man !" à tout bout de champ, le prédicateur homophobe avait assimilé les homosexuels à des personnes zoophiles ou pédophiles, avait répété le terme "abomination" ou "pas normal", avait employé de manière répétée le terme "pédé", etc.

Quelques odieux exemples ? C’est par ici : "Même si la société dit que l’homosexualité c’est pas grave, la Bible me dit que c’est un péché, la Bible me dit que ce n’est pas normal […] c’est une abomination" […] "Aujourd’hui je te le dis : si tu es un pédé, repends-toi !" […] "Jésus n’est pas un pédé, c’est un vrai homme" […] "On a légalisé le mariage homosexuel, légalisons le mariage pédophile. Légalisons le mariage pédophile ! Hé bien, c’est là où on va."

Le tribunal a considéré, entre autres, que le prévenu avait assimilé les personnes homosexuelles à des personnes zoophiles ou pédophiles et invité le public à contester le fait de réserver une place dans la société aux homosexuels.

Fort mobilisé à chaque agression homophobe, le conseiller communal bruxellois Michaël François (Défi) se souvient avoir été "particulièrement choqué des propos tenus dans l’espace public, en toute impunité".

Sa crainte était que cette affaire reste sans suites puisque les conditions pour trouble à l’ordre public n’étaient pas totalement réunies; "sans nier aussi que ce genre de personnage se cache trop facilement derrière la fameuse liberté d’expression qu’ils utilisent quand ça leur convient. Sans présager d’un éventuel appel de cette décision, je trouve que ce jugement est une petite victoire contre les homophobes et rétrogrades qui veulent voir changer nos valeurs et qui pensent qu’ils peuvent tout se permettre".