Faits divers

Animaux en péril va s'adresser à la justice face à la mauvaise volonté du maître des lieux

SAINT-IDESBALD Vive inquiétude, ce week-end, dans le voisinage du minizoo privé de Saint-Idesbald. Celui-là même qui est contraint par la commune de fermer ses portes d'ici au mois d'octobre prochain. `Nous avons vu un grand camion embarquer les chevaux sans même les attacher, explique Michèle Gilbert, qui habite dans la localité. En même temps, plusieurs personnes rassemblaient les chèvres dans l'enclos. Quand nous sommes revenus une demi-heure plus tard, elles avaient disparu!´

M. Moncarey, le propriétaire, avait pourtant accepté de céder en abandon volontaire les chèvres comme le reste de ce troupeau hétéroclite composé de daims, lamas, poules, cochons et oies, entre autres aux associations Animaux en péril et Gaia. Une vaste opération de récupération avait même été prévue pour ce lundi matin.

Vérifications faites, les chevaux ont bel et bien été emmenés, dans le cadre d'une vente, comme l'avait annoncé dans nos éditions de samedi Jean-Marc Montegnies, de l'association Animaux en péril. Quant aux chèvres, elles ont simplement été déplacées dans un enclos voisin, un peu en retrait de la route. `Il n'en reste pas moins que M. Moncarey n'accepte plus de nous céder les animaux comme il nous l'avait promis. D'ailleurs, il n'y a même plus moyen de lui parler. Il s'enferme dans un mutisme. Son épouse nous a seulement dit qu'il était hors de question pour eux de nous abandonner le moindre animal.´

Ce dimanche, des membres d'Animaux en péril et de Gaia ont dressé un inventaire des animaux encore présents à ce jour dans cette ménagerie: 31 chèvres, 21 moutons, 2 lamas, 15 oies, une cinquantaine de poules, 35 canards, 8 daims femelles, 2 daims mâles, 2 dindes, 2 pintades, 2 faisans partageant le même enclos. Plus d'âne, ni le moindre cochon d'Inde à signaler.

`Pour nous, M. Moncarey joue double jeu. Devant les nombreux médias qui se sont intéressés à cette affaire, il annonce qu'il n'y a pas d'autre solution pour lui que de se séparer de ses bêtes. Il a accepté notre proposition de les recueillir et maintenant il refuse. Cela a assez duré. Puisqu'il ne nous laisse pas le choix, nous allons nous adresser à la justice pour faire saisir ses animaux.´

Plainte devrait être déposée ce lundi à la police de Coxyde par les deux associations, ainsi que par des particuliers du voisinage. `Nous avons des arguments pour le faire, poursuit Jean-Marc Montegnies, puisque, selon la loi du 14 août 86, toute personne qui détient ou qui a la charge d'un animal a le devoir de lui offrir un environnement qui correspond à ses besoins éthologiques. Ici, avec ces animaux de diverses espèces entassées dans un même enclos boueux, ce n'est visiblement pas le cas.´