Faits divers

Il a rejoint en prison le patron de sa société

NAMUR L'histoire avait commencé jeudi matin quand la police fédérale gantoise avait reçu, vers 8 h 30, l'appel d'un chauffeur de camion, âgé de 56 ans, domicilié dans la localité. Il revenait d'Espagne et au chargement de son camion, à Cadix, il avait constaté que l'agencement de ses palettes de produits d'emballage était impossible à organiser comme d'habitude. Il soupçonnait, disait-il, une cargaison dissimulée. Il effectuait le voyage pour le compte d'une société hollandaise. La première étape de son voyage de retour était une société installée dans le zoning des Isnes, à Namur.

La police gantoise avait donc mis en alerte le service judiciaire d'arrondissement de Namur (SJA) et un comité d'accueil avait été mis en place dans l'entreprise. A son arrivée, le camionneur, un homme de 56 ans, avait été interpellé et la cargaison du véhicule fouillée. Les enquêteurs namurois devaient découvrir une fausse cloison dans le semi-remorque. Là, étaient entreposée une tonne et demie de haschisch, pour une valeur supérieure à 300 millions de FB à la vente au détail.

Comme un rendez-vous était prévu sur l'autoroute, à Dhuy, entre le transporteur et son patron, le SJA s'était également mis à patrouiller pour le trouver. L'interception de ce Hollandais de 52 ans, avait eu lieu vers 12 h 50. Cet homme sans passé judiciaire avait commencé par nier les faits dont il était soupçonné. Selon lui, il redoutait des avaries au camion et c'est la raison pour laquelle il était venu à sa rencontre. Mais au cours de son interrogatoire par le juge d'instruction, M. Olivier, il avait avoué avoir eu connaissance de l'existence de la cargaison illégale. Vendredi, il avait été placé sous mandat d'arrêt et inculpé de trafic de stupéfiants.

A ce moment-là, le chauffeur gantois ne semblait pas devoir être inquiété, d'autant qu'il était le dénonciateur. Ses déclarations au magistrat instructeur se sont cependant révélées contradictoires avec celles du patron pour lequel il travaillait depuis deux semaines. Ce transporteur est déjà connu de la justice. Après un ultime interrogatoire, vendredi soir, et à la demande de M. Cédric Visart de Bocarmé, procureur du Roi, il a également été inculpé et placé sous mandat d'arrêt.

L'enquête est loin d'être terminée, d'autant que toutes les procédures doivent se dérouler avec l'aide d'un interprète. Il y a dix ans qu'une si importante prise de drogue n'avait plus été opérée dans l'arrondissement de Namur.