Faits divers Jean-Louis Denis n’avait pas accepté sa condamnation à 10 ans.

Jean-Louis Denis, ce converti à l’islam condamné en janvier, en première instance, à dix ans de prison, se retrouve ce jeudi devant la cour d’appel. Il risque 15 ans de prison pour avoir - ce qu’il conteste - recruté des jeunes partis combattre en Syrie.

Jean-Louis "le Soumis" n’est plus un inconnu. Friand de publicité, il est vu comme l’archétype du converti à l’islam radical, véritable agitateur public tentant de rallier à ses idées les plus modérés des musulmans. Il a évolué dans l’orbite de Sharia4Belgium, se présentant même comme "l’émir de Bruxelles" de ce groupe dont la figure de proue, à Anvers, était Fouad Belkacem.

Jean-Louis Denis a notamment animé le resto du Tawhid, qui distribuait des repas aux démunis, principalement près de la gare du Nord à Bruxelles.

Le tribunal correctionnel avait considéré que ce resto n’était qu’un moyen efficace pour attirer des jeunes, une caisse de résonance pour diffuser ses prêches radicaux que l’on retrouvera sur Internet.

Selon un décompte du tribunal, 18 jeunes avec lesquels Jean-Louis Denis a été en contact sont partis combattre en Syrie. Les plus jeunes avaient 16 ans. Certains y sont toujours. D’autres y sont morts.

C’est le départ vers la Syrie de deux adolescents, scolarisés à l’athénée Fernand Blum de Schaerbeek, qui avait conduit la police, en avril 2013, à s’intéresser à Jean-Louis Denis.

Pour le tribunal correctionnel, Jean-Louis Denis s’était attaché à couper ces jeunes de leurs attaches sociales, familiales et scolaires avant de les envoyer vers la Syrie où "ils étaient promis à une mort presque certaine". Les juges avaient ainsi estimé qu’il avait incité au djihad, endoctriné, recruté, facilité le départ et assisté des familles.

Le recruteur, "c’est Allah"

Jean-Louis Denis, de vive voix ou via la parole de ses avocats, Mes Sébastien Courtoy et Henri Laquay, contestait. Il affirmait que le recruteur de ces jeunes partis combattre en Syrie, "c’est Allah". Tout au long de l’enquête et devant ses juges, il avait répété qu’il n’avait rien à voir dans la radicalisation de ces jeunes, ni dans leur départ pour le djihad armé. Selon lui, ils étaient déjà radicalisés quand il les avait connus. Jean-Louis Denis comparaîtra détenu devant la cour d’appel.