Faits divers Julie avait emmené sa fille à l’insu du père en Syrie pour rejoindre un djihadiste.

Il y a un an, Julie disait toujours se poser la question : "Je me demande ce qui m’a pris", avait-elle dit au juge du tribunal correctionnel de Bruxelles qui l’interrogeait sur le pourquoi de son voyage en Syrie avec Saliha, sa fille alors âgée de 5 ans.

Elle avait pourtant eu l’occasion d’y réfléchir au cours des 18 mois de prison qu’elle avait purgés à son retour en Belgique en avril 2015, pour participation aux activités d’un groupe terroriste. Elle n’en avait toutefois pas fini avec la justice. Elle était aussi poursuivie pour l’enlèvement de sa fille. Le père, de qui elle était séparée, n’avait donné son accord que pour des vacances en Turquie en janvier 2015.

Julie était partie pour rejoindre un djihadiste, Yassine Lachiri, qui a été condamné à 20 ans dans le cadre du procès où Abaaoud a été jugé par défaut.

Elle avait rencontré cet homme sur les réseaux sociaux quelques semaines plus tôt et était "persuadée que pour être une bonne musulmane, il fallait rejoindre la Syrie". Elle disait s’être rapidement rendu compte de la gravité de son acte et avoir voulu rentrer.

Elle avait fait du chantage auprès de Lachiri qui n’était plus affilié à aucun groupe djihadiste et ne voulait pas rejoindre un groupe combattant - ce qui est interdit. Elle aurait exigé qu’il la fasse sortir avec sa fille, sans quoi elle le dénoncerait aux islamistes.

En première instance, en février, le tribunal avait suivi la défense de Julie, représentée par Me Vincent Lurquin, pour qui on ne pouvait séparer les faits de participation aux activités d’un groupe terroriste - pour lesquels elle a été condamnée - et le rapt d’enfant. Le ministère public était allé en appel. Jeudi, la cour d’appel a dit qu’une peine complémentaire s’imposait : deux ans de réclusion avec sursis.