Le triste bu(lle)tin exotique de Zaventem

Alexis Carantonis Publié le - Mis à jour le

Faits divers

Près de 1.400 pièces d’ivoire saisies dans les valises, rien qu’en 2011…

ZAVENTEM L’aéroport de Zaventem, de par sa position de hub stratégique desservant la capitale de l’Europe et de nombreuses destinations africaines, est l’une des plaques tournantes du trafic de souvenirs de la faune. Qui peut rapporter gros, mais qui est bien entendu totalement illégal !

“En 2011, 109 saisies du genre ont été observées à Zaventem. C’est plus qu’en 2009, qui représentait déjà une année de triste record en la matière. Et la tendance va croissant : à mi-2012, on comptabilise déjà 56 saisies” , s’émeut l’IFAW (International Fund for Animal Wealthcare , le Fonds international pour la protection des animaux).

Le triste butin recueilli, rien qu’à Zaventem, rien qu’en 2011, est aussi éclectique qu’inquiétant. Crânes de gorilles, peaux de reptiles, de caïmans, et bien entendu cornes de rhinocéros et défenses d’éléphants, l’ivoire (1.375 pièces saisies en 2011), restant le plus prisé de ces bien inadéquats souvenirs. C’est qu’un kilo d’ivoire se monnaye, au marché noir, entre 30.000 et 50.000 $… Et une défense pèse largement plus d’un kilo. En 2011, dans le monde, on a saisi 24,3 tonnes d’ivoire. Soit un trafic de, potentiellement, plus d’un milliard de dollars… Dès lors qu’on sait que chaque défense correspond à un éléphant tué, on prend mieux la mesure d’à quel point, à ce rythme, les heures de l’espèce sont comptées.

“Le trafic de pièces d’animaux sauvages englobe globalement trois types de profils , explique Ioan Mihai Szalo, de l’Administration des douanes et accises.

“Le premier, c’est le collectionneur. Le deuxième, le vendeur. Le troisième, et de loin le plus majoritaire, c’est le touriste désireux de ramener un souvenir de son voyage exotique. ” Les deux premiers connaissent la loi, et la bravant en tout état de cause. Pour le troisième, c’est généralement la surprise qui prévaut lorsque la douane ouvre la valise… Le touriste ignore bien souvent qu’il a commis une infraction dont les sanctions ne font pas dans la dentelle : les amendes peuvent grimper jusqu’à 50.000 €, sans compter les peines d’emprisonnement qui courent jusqu’à 5 ans !

Pour sensibiliser les voyageurs, l’IFAW a donc lancé une campagne d’affichage choc, visant à sensibiliser les âmes. Car l’équation, résume Robbie Marsland, directeur de l’IFAW, est simple à résoudre : “Si les touristes cessent d’acheter ces souvenirs, les animaux ne seront plus tués pour les façonner…”



© La Dernière Heure 2012
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