Faits divers L’ancien policier Mikhaïl Popkov a commis ses meurtres entre 1992 et 2012.

Le pire tueur en série de l’histoire de la Russie est actuellement jugé à Irkoutsk, en Sibérie. L’homme comparaît pour 59 meurtres commis exclusivement sur des femmes.

Ce n’est pas la première fois que le maniaque d’Angarsk, comme il était surnommé au moment des faits, fait face à la justice. L’homme a déjà été condamné à perpétuité en 2015 pour 22 autres crimes. Le nombre total de meurtres commis par Mikhaïl Popkov s’élève maintenant à 81.

La terrible série de meurtres de l’ancien policier a débuté en 1992. Cette année-là, sa fille lui avait indiqué que le plombier était venu rendre visite à sa femme. Popkov avait déjà des doutes sur la fidélité de sa femme avant cela. Il pensait d’ailleurs la tuer mais a renoncé pour éviter à sa fille d’être orpheline.

La période était également particulière pour le pays puisque l’Union Soviétique de l’époque était en déliquescence, avec notamment une criminalité importante. La disparition de sa première victime, une mère de famille, n’a d’ailleurs pas fait de vague vu le contexte. Mais la découverte de nombreux autres corps sur le même axe routier au fil du temps donnera à la M53 le surnom de la route de la mort.

L’homme continuera sa série de meurtres jusqu’en 2012, date de son arrestation. Il lui est même arrivé de tuer des femmes deux par deux à la fin des années 90.

Le mode opératoire a été le même durant près de vingt ans. Il était calqué sur les habitudes de l’époque dans cette région où la pratique de l’auto-stop était régulière. L’ancien policier se proposait de raccompagner en voiture des filles chez elles en sécurité. La suite se terminait, en réalité, de façon sordide dans les bois. Mikhaïl Popkov tuait alors les victimes, qu’il avait parfois violées, et les abandonnait sur place.

L’homme n’utilisait pratiquement que l’arme blanche pour mettre fin aux jours des filles, âgées entre 14 et 38 ans. "Tout correspondait, l’heure de la mort ou les armes utilisées", explique, à nos confrères du Parisien le criminologue Nikolaï Kitaev. Le tueur s’était même souvent servi d’objets tranchants venant tout droit des scellés du commissariat où il travaillait.

Le refus de la police de croire que le tueur était l’un de ses membres aura ralenti considérablement l’enquête. Cette position aura même permis à Mikhaïl Popkov de se rendre sur ses propres scènes de crime lors de l’enquête. Le tueur en série a finalement été repéré grâce à son ADN, il y a cinq ans. Le ministère russe des Affaires intérieures s’inquiétait toujours du dossier. L’administration a alors fait passer le test à des centaines de policiers, dont Mikhaïl Popkov.

Une source policière affirme au Parisien que le tueur en série aurait déjà avoué de nouveaux faits, en plus de ses 81 victimes actuelles.