Le tueur du Musée juif a filmé ses crimes

Exclusif, la crainte de la police belge : un copycat de Mohammed Merah. Publié le - Mis à jour le

Vidéo
Faits divers

Le tueur du Musée juif a filmé sa tuerie, comme Mohammed Merah il y a deux ans, à Toulouse. Le tueur de la rue des Minimes, dans le quartier du Sablon, portait une caméra-poitrine fixée à la bandoulière de son sac. "Nous craignons un nouveau Merah", confie une source proche du dossier ayant requis l’anonymat.

Le bain de sang n’a duré que 35 secondes. Le tueur possédait deux armes, dont une kalachnikov à crosse pliable. L’affaire était minutieusement préparée, le chargeur de l’arme bien garni. Son objectif : faire un maximum de victimes.

Les vidéos montrent un homme au calme hallucinant, totalement dépourvu d’empathie au point de quitter les lieux sans même jeter un regard vers le couple d’Israéliens qu’il venait d’abattre.

"Nos regards se sont croisés. Il n’y avait aucune sorte d’expression dans ses yeux". Les détonations inquiétaient cet antiquaire des environs. Il raconte cet instant où il croise le tueur, à hauteur des escaliers de la rue des Chandeliers.

C’était un homme froid, glacé et solitaire, qui avait tout prévu - y compris le port de gants et d’une casquette. Il savait la présence de caméras extérieures et d’un CCTV dans le musée.

Et il avait repéré les lieux ! Comme le montre son absence totale d’hésitation quand, après avoir abattu le couple israélien à l’entrée du bâtiment, il marche d’un pas décidé vers la réception au fond à droite, pousse la porte, se baisse pour saisir la kalachnikov dans son sac, la porte à bout de bras et tire en "arrosant" vers le bas : Dominique et Alexandre ont dû, désespérément, chercher à se protéger.

Un individu "de corpulence moyenne, athlétique, se déplaçant souplement", selon l’appel à témoin lancé par la police hier. Si vous le connaissez, appelez maintenant le 0800/30300.

L’antiquaire qui l’a croisé sur le trottoir ajoute : "Un mec d’environ 30 ans". Cette estimation n’a pas été officiellement précisé. En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’il était coiffé d’une casquette sombre avec logo sur la face avant du côté gauche; vêtu d’un vêtement bleu clair avec un logo clair à hauteur de la poitrine du côté gauche, d’un pantalon sombre et de chaussures sombres avec semelles claires.

Et donc un homme qui savait qu’à la différence de la synagogue de la rue Royale, un peu plus haut dans le quartier, le Musée juif ne serait pas protégé par des policiers.

Après avoir assassiné à même la rue le couple israélien de plusieurs balles dans la tête, le Tueur exécute la seconde phase du plan en 28 secondes, sans se soucier des deux corps visibles à l’entrée - un passant pouvait déjà alerter la police, en effet très présente au Sablon avec le Jazz Marathon - ni des véhicules qui continuaient de défiler rue des Minimes (cinq dans le laps de temps).

Puis le Tueur sort à droite, marche du même pas décidé qu’en arrivant, croise l’antiquaire qu’il défie du regard et descend les deux volées d’escaliers de la rue des Chandeliers vers la rue Haute, où un témoin le perd de vue.

À Toulouse en mars 2012, Mohammed Merah dit le tueur au scooter, dit le loup solitaire , filmait également ses tueries. Au total, ses trois expéditions feront sept morts dont trois enfants et six blessés.

Depuis samedi, la police belge redoute que le tueur du Musée juif, qui agit en solitaire avec sa caméra-poitrine, soit un émule, voire un copycat de Mohammed Merah à Bruxelles…


Voici les 3 pistes privilégiées par les enquêteurs

24 heures après la tuerie, une source proche de l’enquête ayant requis l’anonymat a pu nous confier, hier après midi, que celle-ci "s’inscrit de plus en plus clairement (pour les enquêteurs) dans la perspective d’un attentat antisémite". La crainte des autorités semble être une réplique de la série d’attentats perpétrés par le djihadiste Mohamed Merah, qui avait fait sept morts à Toulouse et à Montauban entre le 11 et le 19 mars 2012. Officiellement, le parquet de Bruxelles se refuse à être aussi affirmatif. Selon notre source, la conviction de plus en plus évidente d’un attentat antijuif se fait jour derrière la prudence officielle.

Dimanche après midi, trois pistes principales étaient privilégiées par les enquêteurs :

l’origine islamique est envisagée; plusieurs tendances sont évoquées : salafiste, le Hezbollah chiite et les événements en cours en Syrie pour lesquels la Belgique a indirectement été impliquée suite au départ de plusieurs dizaines de jeunes combattants;

la piste du déséquilibré : sans pouvoir être exclue, cette piste n’est pas celle qui emporte l’adhésion;

la piste néonazie est ainsi préférée à la précédente, et plusieurs données peuvent y conduire : le physique du suspect, des pièces de son équipement, sa froide détermination.

Notre source décrit un geste du tueur après le bain de sang pour illustrer cette froide détermination. L’homme a constamment procédé sans montrer la moindre émotion, de façon non précipitée, dans l’ordre, et en prenant même le soin d’emballer son arme avant de quitter le musée et s’éloigner d’un pas tranquille, sans courir. "Le doute s’éloigne." Tout cela nous semble inscrire le bain de sang de la rue des Minimes "dans la perspective d’un attentat antijuif", conclut la source. Répétons-le : proche de l’enquête.


Le fil des faits (avec images)

(1) Un homme sombrement vêtu, casquette sur la tête, déambule rue des Minimes dans le quartier du Sablon à Bruxelles.


(2) Devant le Musée juif, il abat un couple, des touristes israéliens.


(3) L'individu ne doute pas, pénètre dans le musée d'un pas décidé.


(4) Il pose ses sacs.


(5) Il en tire une kalachnikov et, sans la moindre hésitation, tire.


(6) Son massacre perpétré, il récupère calmement ses sacs et sort du musée.


(7) Jamais les caméras de surveillance ne le verront presser le pas.


(8) Un peu plus loin dans la rue, il croise un antiquaire: "Il n'y avait aucune sorte d'expression dans ses yeux".


(9) L'homme dévale les escaliers de la rue des Chandeliers. 


>DURÉE: MOINS DE 2 MINUTES<



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