Faits divers Les enquêteurs envisagent la possibilité que Fouad K. ait fait jusqu’à 230 victimes.

Peut-être le plus grand violeur en série de tous les temps en Belgique : la police qui parlait mardi de 19 victimes connues, a revu à la hausse le bilan du violeur du Limbourg en le portant à 22 victimes. Et c’est provisoire : les enquêteurs envisagent la possibilité que Fouad K. - c’est le nom de cet habitant de Malle âgé de 36 ans - ait fait jusqu’à 230 victimes à travers la Flandre.

On a appris hier que le violeur du Limbourg n’utilisait pas seulement les sites de rencontre Twoo et Badoo pour attirer ses victimes. Il employait aussi le site de services sexuels (escorts) Redlights où il utilisait le pseudo de Mark Gigolo.

Le dernier fait connu date de début septembre : une jeune femme à qui il avait fixé rendez-vous sur un parking à Halen. Trois semaines plus tard, le 26, la police enfin l’interpellait : il sévissait depuis 2015.

Voilà ce que Mark Gigolo a laissé comme trace sur le site Redlights, : "Tu t’ennuies ? Ton mari est souvent absent ? Tu es séparée ? Tu cherches l’affection. Fais-moi signe et nous passerons de bons moments ensemble". Il mentionnait son GSM, toujours le même. Et c’est grâce au portable que les enquêteurs savent que le violeur a eu des contacts avec 230 femmes en 11 mois.

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Pour séduire, il postait sur les sites de rencontre la photo d’un coureur cycliste. Ce Marocain d’origine se présentait comme italien. Il disait s’appeler Raf, Rafke, Rafaello, Roberto, Raphaël Bastiaens.

S’il a fait ses victimes en Flandre, observons que l’appel du parquet de Hasselt a également été diffusé en français. Et si son existence n’a été révélée que mardi soir, Fouad K. est en réalité en prison depuis cinq mois. Pour viol, agression, détournement, vol, abus de confiance, etc.

Il opérait seul. Fouad K. donnait rendez-vous sur des parkings ou chez les femmes. Un procédé consistait à mélanger de l’ecstasy liquide dans les boissons, jus de fruit, cocktail, limoncello.

Ses victimes perdaient connaissance. Il savait que l’XTC faisait son effet pendant deux à trois heures. Si la femme se réveillait plus tôt, il n’hésitait pas. Il frappait et cognait. Mais c’était rarement le cas. Il avait en général disparu depuis longtemps non sans emporter aussi d’argent, cartes de banque, smartphones, etc.

Autre info : le violeur du Limbourg exerçait l’activité de livreur. C’est un homme marié depuis 2014. Sa femme ne se doutait de rien. On décrit cette fille d’indépendants comme timide : elle avait rencontré l’homme de sa vie. Son entourage la dit effondrée. Le nom du mari a été retiré de la sonnette. Mais les deux sont toujours amis sur Facebook.

Les produits qu’il utilisait n’étaient pas sans danger. Et c’est bien ce qui inquiète aussi.

Outre 233 viols, l’enquête sur le violeur du Limbourg veut s’assurer qu’il n’y a pas eu de victimes par empoisonnement.