Faits divers

Le procès se poursuivra jeudi avec en premier lieu la plaidoirie du second avocat de Rachid Benomari, Me Isa Gultaslar.

Me Hamid El Abouti, l'un des conseils de Rachid Benomari, a plaidé l'incompétence du tribunal, mercredi, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Il estime que son client, qui a avoué avoir tué des soldats en Somalie, doit être jugé par la cour d'assises. Rachid Benomari est prévenu devant le tribunal correctionnel, tout comme Mohamed Saïd et Mustapha Bouyahbaren, pour avoir participé aux actes d'un groupe terroriste, en l'occurrence les milices Al-Shabab en Somalie. "Dans votre jugement rendu par défaut à l'égard de mon client, en mai dernier, vous établissez qu'il ressort clairement du dossier que Rachid Benomari a participé à des entraînements militaires et à des combats avec les Al-Shabab", a plaidé Me Hamid El Abouti, s'adressant aux juges. "Il y a dès lors, dans le chef de Rachid Benomari, participation criminelle. Il doit donc être jugé aux assises", a poursuivi l'avocat.

"De plus, mon client a déclaré en juillet dernier, lors de nouveaux interrogatoires par la police, qu'il avait effectivement tué au moins trente personnes lors d'un guet-apens tendu à l'AMISOM (Mission de l'Union africaine en Somalie) sur une route de forêt somalienne", a ajouté Me El Abouti.

"La version du parquet fédéral est de dire qu'il s'agit de faits nouveaux distincts, avoués récemment, et qu'une information judiciaire est donc désormais en cours. Celle-ci donnera éventuellement lieu à une nouvelle instruction et à un nouveau procès. Si c'est le cas, nous demandons alors de suspendre les débats en attendant la réalisation de cette enquête et nous déposerons une requête de mise en liberté pour notre client", a déclaré l'avocat.

Rachid Benomari est actuellement jugé sur opposition, pour avoir participé aux activités d'une organisation terroriste en qualité de dirigeant. Il avait écopé par défaut de 20 ans de prison en mai dernier, soit la peine maximale de dix ans pour avoir été dirigeant d'une filière terroriste, doublée étant donné l'état de récidive légale du prévenu. Il avait en effet été condamné auparavant pour un vol de cuivre.

L'homme a avoué être parti de Molenbeek-Saint-Jean en avril 2011 et avoir rejoint les camps des Al-Shabab en Somalie, où il est resté jusqu'en 2012. Il a avoué également avoir participé à des combats à leurs côtés, et notamment à un guet-apens meurtrier contre des soldats de l'AMISOM.

Mais il nie avoir fait partie des Al-Shabab, expliquant être un combattant indépendant, prêt à défendre l'Islam.

Mercredi, Me Jérôme Arnould, conseil de Mohamed Saïd, a par ailleurs plaidé que les preuves contre son client étaient insuffisantes.

"Pour fonder la culpabilité de mon client, le parquet fédéral ne se base que sur des conversations téléphoniques et y attache une certaine interprétation. Ce n'est pas suffisant pour en déduire que Mohamed Saïd a activement participé à des actes de groupes terroristes", a soutenu l'avocat.