Faits divers "La compagne aurait dû donner la moitié. La mère et le frère du défunt auraient au moins un endroit où se recueillir".

On parle, à Hasselt, d’un "procès jamais vu" autour des cendres d’un défunt. La famille d’un homme de 47 ans décédé en 2014 a décidé de citer devant le tribunal correctionnel du Limbourg la compagne du défunt à qui la famille reproche d’avoir dispersé les cendres dans…

Mais reprenons depuis le début.

Il est mort dans son lit, dans son sommeil et dans la fleur de l’âge. Si l’épreuve fut pénible pour tous, elle le fut encore plus pour la famille qui n’était pas en bon terme avec la compagne, Pour la mère et le frère du défunt, pouvait-on d’ailleurs parler d’un couple tant les disputes étaient fréquentes ? Selon eux, le couple ne tenait plus que par les affaires. Ils avaient créé une société et c’est ce qui les cimentait. Le défunt n’ayant pas pensé à prendre de dispositions, les avocats discutent d’ailleurs de sa succession devant le tribunal civil.

La mésentente est telle que chacun a voulu organiser ses funérailles. Les premières à 11 h, les suivantes à 14 h. Les deux dans le même funérarium, l’entreprise De Tesch à Hasselt.

Au préalable, on s’était mis d’accord par écrit que les cendres seraient partagées; chacun recevrait sa moitié.

Mais la compagne aurait tout emporté pour elle et voilà pourquoi la famille du défunt, sa mère et son frère, l’assigne au pénal. Selon leur avocat, "elle (la compagne) a dispersé les cendres dans la niche du chien".

La compagne réfute : "Non, faux. Je ne les ai pas dispersées dans la niche, je l’ai fait au jardin, c’est-à-dire là où sont enterrés tous les chiens qu’on aimait et qu’il adorait. C’étaient ses dernières volontés".

La famille veut obtenir la condamnation de la compagne pour infraction à un décret flamand de 2004 qui prescrit que le partenaire (la compagne) doit décider avec la famille au premier degré (ici, la mère) de ce qu’on fait des cendres : enterrer, conserver (urne) ou disperser. Le décret prévoit de 8 jours à 2 mois d’emprisonnement. Le frère et la mère réclament chacun à la compagne 1.250 euros de préjudice moral.

Le parquet ne réclame rien. Il avait d’ailleurs classé la plainte sans suite. "À juste titre, insiste l’avocate de la compagne, Ann Baeten. Ma cliente n’a commis aucune faute dans cette affaire qui est complexe et surtout pénible pour tout le monde."

Les deux parties ne sont pas prêtes de se réconcilier. La famille et des amis du défunt ont d’ailleurs organisé une marche dans les rues de Maaseik en la faisant passer près de la maison et du jardin où les cendres auraient été dispersées.

La compagne l’a très mal pris et a voulu porter plainte pour harcèlement. Si elle a retiré sa plainte, elle prétend recevoir toujours des intimidations.

Sera-t-elle condamnée pour avoir dispersé les cendres de son compagnon dans la niche des chiens, en fait surtout pour ne les avoir pas partagées avec sa mère ? Le juge décidera début juillet.