Faits divers Les derniers mots du Baron Empain, mort mercredi à 21 h 56 des complications d’une bronchite qu’il ne voulait pas soigner.

"Mon frère est décédé mercredi soir à 21 h 56 après avoir reçu de ses vœux la visite d’un aumônier", nous confie la baronne Diane Empain qui tient dans le Val d’Oise le haras de Bouffémont où nous la contactons.

Selon Diane, Édouard-Jean Empain, que ses proches appelaient Wado, était hospitalisé depuis dix-neuf jours dans le service des soins intensifs de l’hôpital de Pontoise où il avait été admis, précise Diane, à la suite d’une "bronchite qu’il n’avait pas voulu soigner et qui a tourné en pleurésie".

Depuis le début de la semaine, il devenait manifeste que l’homme de 80 ans, qui avait perdu son épouse Jacqueline le 3 janvier dernier, faiblissait. "Et pourtant, poursuit Diane , bien qu’étant en insuffisance respiratoire, il répondait aux questions, par oui et non. Il fut ensuite sédaté."

Diane garantit que les derniers mots prononcés par cette force incroyable de caractère furent : "’Il faut sortir gagnant de cette impasse."

Et la baronne ajoute que son frère n’oubliait pas la Belgique. "Il avait parlé de revenir en Belgique. À Bruxelles."

Dans la génération des tout grands, Diane Empain compare son frère à des personnalités de l’ampleur de Bill Gates et Bernard Arnault. "Un battant. Toujours gagnant. Pas très politique. Érudit. Grand historien. Avec beaucoup d’humour, même sur la fin. Et quelle force en lui. Un lion. Un guerrier. Imaginez qu’il a vécu quarante ans après un rapt de plus de soixante jours où il a cru mourir", témoigne encore la baronne, qui nous annonce les obsèques au cimetière de Bouffémont vendredi 29 juin à 10 heures. Célébration en l’église Saint-Georges, suivie de l’inhumation.

D’autres évoqueront le passé glorieux et tragique de cette très fortunée famille anoblie par le roi des Belges et qui, avec son gigantesque empire, demeure le symbole du capitalisme entre le XIXe et le XXe siècle.

Sa sœur Diane préfère mille fois décrire la complicité qui liait cet homme resté humble à son fils Jean-François et ses petites-filles Christine et Patricia. C’est ce que Wado voulait, ajoute Diane avec de la tendresse dans la voix : "Qu’on l’accompagne dans ses obsèques. Le principal est que maintenant le baron Édouard-Jean Empain, Wado, mon frère, ne souffre plus."