Faits divers La police fédérale dresse la radiographie du paysage des stupéfiants dans notre pays

BRUXELLES Cela fait de nombreuses années que la Belgique est considérée à juste titre comme une plaque tournante du trafic de drogue en Europe, voire même aux yeux du monde. Mais une fois que l'on a dit cela, on n'est pas très avancé. C'est pourquoi la police fédérale va plus loin et propose une analyse très détaillée. Une analyse instructive à plus d'un titre.

Trafic de cocaïne: Anvers étant l'un des plus grands ports du monde, il constitue l'une des portes d'entrée privilégiées pour les containers chargés de drogue. Sur base d'une estimation d'Europol, la police estime que ce sont 15 tonnes de cocaïne qui arrivent en Belgique par le port d'Anvers. La police a par ailleurs remarqué que la place d'Anvers n'est pas qu'une zone de transit mais aussi un centre de distribution et de dispatching. Quand on ajoute à cela le nombre de passeurs arrêtés à Zaventem chaque année avec des boulettes de cocaïne dans l'estomac, on se rend compte que la poudre blanche est un véritable enjeu dans notre pays.

Drogues synthétiques: traditionnellement, c'est devenu une spécialité belge mais pas seulement au niveau du transit, également sur le plan de la production. En effet, la Belgique figure au deuxième rang mondial des producteurs derrière les Pays-Bas. En 2003, ce sont pas moins de 33 laboratoires de productions qui ont été démantelés dans notre pays. En ce qui concerne la localisation de ces installations, la police constate des évolutions notables. Ainsi, à l'origine situé de préférence au nord-est du pays (Limbourg), les trafiquants préfèrent désormais se déplacer vers l'ouest et le sud de la Belgique.

Trafic d'héroïne: la Belgique semble assez épargnée par le trafic à grande échelle mais notre pays est sur la route qui mène cette drogue vers la Grande-Bretagne via Douvres. Des camions bourrés à craquer de drogues dont de l'héroïne transitent par notre sol.

Trafic de cannabis: depuis longtemps, des filières criminelles ont mis sur pied l'acheminement de haschisch marocain à destination des Pays-Bas en passant par la Belgique. Ces transports se font par voiture, camion, minibus, mobilhome et sont principalement destinés aux coffee shops bataves mais aussi un peu à la Belgique. En ce qui concerne la marijuana, la filière par bateau via Anvers est encore très active.

© La Dernière Heure 2004