Faits divers 2 % de la population sont intolérants aux champs électromagnétiques artificiels

Les sénateurs Philippe Mahoux, Christie Morreale et Patrick Prévot (PS) espèrent que l’électrohypersensibilité soit officiellement reconnue. Ils ont déposé un projet de loi en ce sens. Ils indiquent: "Une attention toute particulière doit donc être portée à ces personnes étant donné leur incapacité physique à évoluer dans un environnement électromagnétique en pleine transformation."

Ils ajoutent : "Une reconnaissance du syndrome par les autorités belges en tant que maladie ou en tant que handicap permettrait la mise en place d’aménagements raisonnables dans les lieux de travail et de vie afin que les personnes EHS conservent leur capacité à fonctionner normalement en société."

L’électrohypersensiblité est une intolérance méconnue. Or, "entre 1 à 3 % de la population" en souffriraient selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Elle est définie par l’Association pour la reconnaissance de l’électrohypersensibilité: "C’est une sensibilité environnementale aux champs électromagnétiques artificiels caractérisée par l’apparition, chez les personnes concernées, de symptômes invalidants en cas d’exposition à ces champs, parfois à des niveaux d’intensité très faibles."

Car les personnes électrohypersensibles souffrent de cette intolérance au quotidien. Leur milieu de vie et leur milieu professionnel peuvent être perçus comme étant des lieux où il vivent de véritables calvaires. À moins de vivre isolés de tout, il leur est difficile d’échapper aux effets provoqués par la modernité. La présence de smartphones, de routeurs wifi ou encore d’antennes relais dans le voisinage peut avoir un impact sur leur santé physique (syndromes neurologiques, digestifs, cardio-vasculaires...) et... morale! (voir interview ci-contre).


"Il faut créer des zones blanches"

"Aujourd’hui, rien n’est fait en Belgique pour organiser un recensement", déplore Dominique Canivet, vice-présidente de l’Association pour la reconnaissance de l’électrohypersensibilité (Arehs)."L’OMS estimait, en 2004 que 1 à 3 % de la population y était sensible. On a tendance à dire que c’est en augmentation."

Quelles sont les difficultés du quotidien qu’elles rencontrent ?

"Les personnes ne parviennent plus à trouver un endroit où vivre et où dormir. Elles sont en contact constant avec des smartphones et des ordinateurs. Il leur est parfois impossible d’accéder aux soins médicaux, ils sont trop exposés aux ondes électromagnétiques. On est en train de bafouer un droit élémentaire : la libre circulation des individus."

Concrètement, comment se manifeste cette hypersensibilité ?

"Des picotements, des oppressions thoraciques, des soucis de tension, des vertiges, un épuisement..."

Quelles solutions ?

"Des zones blanches, c’est impératif. Il y a aussi des vêtements de protection et de la peinture au carbone, à condition de bien l’appliquer."